Anses : une alerte sanitaire sur les contaminants dans nos assiettes
Ce mercredi 25 mars, l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation (Anses) a publié une étude alarmante sur la présence de substances chimiques dangereuses dans les produits alimentaires consommés quotidiennement par les Français. Les résultats mettent en lumière une exposition chronique préoccupante à des métaux lourds comme le cadmium, le plomb et le mercure, ainsi qu'à l'acrylamide, un composé formé lors de la cuisson à haute température.
Des aliments courants sous surveillance
L'Anses a analysé plus de 250 substances en examinant des échantillons représentatifs des habitudes alimentaires, collectés entre mai 2021 et août 2022 dans des grandes surfaces et marchés de l'Hérault, du Loiret et du Puy-de-Dôme. Si les concentrations moyennes de certains contaminants ont globalement diminué depuis la précédente étude de 2006-2011, des augmentations significatives ont été observées dans plusieurs catégories d'aliments.
Les produits à base de céréales, tels que le pain, les biscuits sucrés, les viennoiseries et les pâtes, sont particulièrement pointés du doigt. Ils contribuent de manière importante à l'exposition alimentaire à l'aluminium, au cadmium et au plomb. Véronique Sirot, coordinatrice de l'étude, souligne que ces aliments restent des sources majeures de contamination, malgré les progrès réalisés dans d'autres domaines.
Le cadmium, un métal lourd cancérogène
Le cadmium, un métal lourd classé comme cancérogène, suscite des inquiétudes croissantes. Présent naturellement dans l'environnement, il est également libéré par les activités humaines comme l'agriculture, l'industrie et le trafic routier. Morgane Champion, autre coordinatrice de l'étude, explique que ces éléments-traces métalliques se retrouvent ensuite dans les sols, l'eau et l'air, contaminant ainsi la chaîne alimentaire.
Les principales sources d'exposition au cadmium incluent :
- Le pain et les produits à base de blé
- Les pâtes, viennoiseries, pâtisseries et biscuits
- Les pommes de terre et les légumes
- Les mollusques et crustacés pour les consommateurs réguliers
L'Anses prévoit de publier prochainement une expertise complémentaire sur l'exposition globale des Français au cadmium, au-delà de l'alimentation.
Autres contaminants et recommandations
L'étude aborde également d'autres substances préoccupantes. Pour le méthylmercure, principalement retrouvé dans les poissons comme le thon, les niveaux de contamination restent similaires aux précédentes observations. L'Anses recommande de consommer deux portions de poisson par semaine, dont un poisson gras, en variant les espèces et les lieux d'approvisionnement pour limiter les risques.
Concernant le plomb, l'exposition alimentaire a significativement diminué chez les enfants (-27%) et les adultes (-49%), grâce notamment à une réduction de la contamination de l'eau, du pain, des légumes et des boissons alcoolisées. Cependant, l'exposition reste trop élevée pour certains contaminants, nécessitant des efforts continus.
Pour l'acrylamide, formé lors de la cuisson à plus de 120°C, une diminution moyenne a été observée dans des aliments comme le café, probablement due à des mesures volontaristes. Toutefois, l'Anses appelle à renforcer la surveillance, en particulier pour les frites et pommes de terre sautées, qui sont des sources majeures de contamination potentielle.
Comment se protéger ?
Face à ces risques, les experts rappellent l'importance d'une alimentation équilibrée et variée. Il n'y a pas de bons ou de mauvais aliments en soi, mais c'est la dose qui fait la différence pour la santé. Adopter des comportements alimentaires diversifiés permet de réduire le risque de surexposition à une substance spécifique.
L'Anses continuera à publier des résultats dans les prochaines années pour d'autres familles de contaminants, comme les bisphénols, les phtalates, les résidus de pesticides et les PFAS, avec des recommandations pour minimiser les expositions. Cette étude souligne la nécessité de poursuivre les efforts de surveillance et de prévention pour garantir la sécurité sanitaire de l'alimentation en France.



