Un mobil-home sommaire, planté au milieu d’un champ en friche de l’Arkansas : pour la petite famille sud-coréenne, le rêve américain ne fait pas rêver. La mère, Monica (Ye-ri Han), a la tête des mauvais jours. « Ce n’est pas ce que tu m’avais promis », reproche-t-elle à son mari, Jacob (Steven Yeun), qui veut pourtant voir la vie en rose, pendant que leurs deux jeunes enfants, dont l’un est atteint d’un souffle au cœur, jouent dans la prairie. Le travail précaire n’est pas plus réjouissant : le couple trie, dans une ferme avicole, les poussins mâles, rejetés, et les poussins femelles, conservés. Mais Jacob a une autre ambition, plus lucrative : cultiver son lopin de terre, y faire pousser des légumes destinés à la diaspora coréenne de la ville voisine.
Une grand-mère inoubliable
Venue rejoindre sa famille, l’inénarrable et indomptable grand-mère Soonja (Yuh-Jung Youn, qui a reçu pour ce rôle un oscar bien mérité) est moins présomptueuse : elle plante, au bord d’un étang, des graines de minari (notre cresson de fontaine), promis à croître et lui survivre. Cette crucifère aromatique donne son titre à un film aussi délicat qu’émouvant, dans lequel le Coréano-Américain Lee Isaac Chung (« Lucky Life ») évoque sa propre histoire et celle de ses parents, qui ont trié les poules afin d’élever leurs enfants, souvent confiés à une grand-mère féerique.
Une esthétique lumineuse
À ce sujet âpre, comme s’il voulait le réconforter, le réalisateur a donné une image de toute beauté et des cadres à la Malick. Il a mis de la grâce dans la crasse et du soleil dans l’eau froide, où le minari fleurit. Le film, drame américain de 2021, dure 1h56 et est diffusé ce dimanche 10 mai à 23h05 sur Arte, disponible également à la demande sur Arte.tv.



