Lucie Duda, 58 ans, saisonnière à la plonge : « Je n’ai pas besoin de plus »
Lucie Duda, 58 ans, saisonnière à la plonge : « Je n’ai pas besoin de plus »

Qui a dit que les emplois saisonniers étaient réservés aux jeunes ? Lucie Duda, proche de la retraite, ne prend plus que des contrats courts. Depuis juin, elle est plongeuse dans un restaurant du centre-ville de Bagnols-sur-Cèze. Le sourire ne semble jamais s'effacer de son visage.

Une carrière hachée

À 58 ans, Lucie Duda est saisonnière. Cet été, elle fait la plonge au restaurant O’Pauseto, place Mallet. La Bagnolaise travaille depuis ses 17 ans et après un CAP de prêt-à-porter effectué à Nîmes. « J’ai eu une carrière hachée », raconte Lucie entre deux bouffées de cigarette, assise à l’ombre sous les arcades de la place. Il est 13 h 30 et les clients sont rares.

« Je veux juste vivre tranquille »

À la naissance de son fils handicapé, en foyer à Lapalud, elle arrête son activité professionnelle dans la mode et enchaîne les emplois saisonniers. « Il fallait gagner sa vie. » Elle a tenu « Pause Frites », une enseigne de restauration rapide sur le boulevard Lacombe, de 2018 à 2024. Lucie est ensuite passée par le chômage, a exercé quatre mois dans un tabac puis une boulangerie. Cet été, la mère de trois enfants a été embauchée par une amie de jeunesse pour 15 heures de plonge par semaine, jusqu’au 31 août. Avant un autre emploi. Lucie cherche uniquement des contrats courts et à temps partiel. « Je n’ai pas besoin de plus, d’être riche. Je veux juste vivre tranquille. » Un habitué sort du restaurant. « À demain le vieux ! », lui lâche la quinquagénaire en riant. Le côté humain du travail a toujours attiré celle qui voulait devenir journaliste.

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Grand-mère saisonnière

Ayant commencé tôt dans la vie active, elle pourra prendre sa retraite à 61 ans. Lucie l’attend avec impatience. « Je ne veux plus courir, ici j’attends que la vaisselle arrive », sourit la plongeuse. Son espace de travail est climatisé. « Bienvenue chez moi ! », lance-t-elle en rentrant dans la petite pièce équipée d’un évier et d’un lave-vaisselle. Le vrai domicile de la Gardoise, née dans le Pas-de-Calais, est situé dans le centre-ville. Elle y habite seule. Travaillant tous les midis, sauf le week-end, la dame aux cheveux blonds apprécie son temps libre. Elle aime cuisiner, les promenades au bord de la Cèze et coudre, une passion qui ne l’a pas quittée.

Un seul mot après tant d’années difficiles : « profiter », insiste Lucie, aux paupières légèrement pailletées derrière ses lunettes rondes. La Bagnolaise, qui a eu un cancer il y a quelques années, envisage d’alterner entre la France et la Suède, où habitent sa fille et sa petite-fille de 7 ans. « Je privilégie la vie maintenant », promet la grand-mère saisonnière. Une nouvelle jeunesse.

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