Les habitudes alimentaires des Français évoluent vers le poulet, souvent importé
Les habitudes alimentaires des Français connaissent une transformation profonde, avec une préférence marquée pour le poulet, fréquemment importé, au détriment du bœuf. La consommation de viande bovine a significativement baissé au cours des quarante dernières années en France, selon les études du service des statistiques du ministère de l’Agriculture, Agreste. Cette tendance est confirmée par des données récentes qui illustrent un changement durable dans les assiettes des ménages.
Une baisse historique de la consommation de bœuf
La consommation de viande bovine est passée de 1,63 million de tonnes en 2004 à seulement 1,42 million de tonnes en 2024, ce qui représente une diminution impressionnante de 13% sur deux décennies. Cette étude, publiée en juillet 2025, souligne que cette tendance n'est pas récente. En effet, une analyse plus ancienne datant de 2020 situait le début de ce déclin au début des années 1980. Cette évolution ne concerne pas uniquement le bœuf, mais s'étend à toutes les viandes de boucherie, y compris les viandes ovine, caprine et équine. Seule la consommation de porc fait exception, avec une stabilité quasi constante depuis le début des années 2000.
L'essor spectaculaire du poulet dans les assiettes
Dans les assiettes des Français, c'est désormais la volaille, et particulièrement le poulet, qui domine. La consommation de poulet a plus que doublé en seulement vingt ans, affichant une croissance remarquable de 124%. Globalement, la consommation totale de viande en France a augmenté de 7% au cours des deux dernières décennies, principalement en raison de la hausse de la population. Cependant, la consommation par habitant montre une légère baisse, passant de 87 kilogrammes à 85 kilogrammes, soit une réduction de 2,3% sur la même période.
L'importation de viande en forte augmentation
En 2024, un tiers de la viande consommée en France, précisément 34%, provenait de l'importation. Cette proportion est en augmentation constante, puisqu'elle s'élevait à 31% en moyenne sur la période de 2019 à 2023. Le poulet tire particulièrement ce taux vers le haut, avec 50% de sa consommation issue de l'importation. Ce chiffre est deux fois plus élevé que celui de la viande bovine, dont seulement un quart, soit 26%, vient de l'étranger. Pour le poulet comme pour les bovins, cette part a augmenté de 3 points par rapport à la moyenne 2019-2023.
Des différences de prix notables entre les viandes
Les écarts de prix entre les différentes viandes sont également significatifs. En 2024, le kilogramme de bœuf acheté par les ménages coûtait en moyenne 15,23 euros, tandis que le poulet était accessible à 8,37 euros le kilogramme. Le porc, quant à lui, se situait à 12,41 euros le kilogramme. Ces différences de coût contribuent probablement à expliquer les choix des consommateurs, favorisant le poulet pour son rapport qualité-prix.
En résumé, les Français modifient progressivement leurs habitudes alimentaires, optant de plus en plus pour le poulet, souvent importé, au détriment du bœuf. Cette évolution, soutenue par des données statistiques solides, reflète des changements économiques, culturels et peut-être même environnementaux dans la société française.



