Le vrac revient en force : une consommation responsable qui séduit de plus en plus
Le vrac revient en force, une tendance durable

Le vrac, une habitude qui reprend vie après des années difficiles

Dans l'épicerie Day by Day de la rue Saint-Hélier, au cœur de Rennes, Antoine plonge sa pelle avec assurance dans un bac pour remplir son bocal de bicarbonate de soude, puis de farine. Cet habitué a totalement revu ses habitudes de consommation avec sa femme, optant désormais presque exclusivement pour le vrac, non pour des raisons budgétaires, mais par conscience écologique. « C'est tellement absurde les quantités d'emballages sur les produits », confie-t-il. Dans ce temple du vrac, où les distributeurs s'alignent soigneusement, de nombreux clients sont des convertis de longue date, tandis que d'autres, comme Gwenaëlle, s'y mettent progressivement depuis un an, appréciant la possibilité d'acheter juste la quantité nécessaire.

Un marché qui dépasse la niche pour s'ancrer dans les mœurs

Apparue dans les années 1980 dans les magasins bio, la vente en vrac a connu une forte croissance dans les années 2010, portée par une sensibilité accrue à la réduction des déchets et au gaspillage alimentaire. Cependant, la crise du Covid a stoppé net cette expansion, suivie par l'inflation qui a fragilisé le secteur, à l'instar des produits bio. Aujourd'hui, le vrac semble retrouver doucement sa place, avec le Mois du vrac et du réemploi en mars. Selon une étude de NielsenIQ pour le Réseau vrac et réemploi, 26% des ménages ont acheté en vrac en 2025, soit une légère hausse par rapport à 2024. Célia Rennesson, directrice générale du réseau, souligne : « Le vrac n'est plus un marché de niche, il est désormais rentré dans les habitudes. »

Les défis persistants : prix et diversité de l'offre

Malgré cette progression, des freins subsistent. Le prix reste la principale barrière, avec 32% des Français estimant que les produits en vrac sont plus chers au kilo. Pourtant, la comparaison n'est pas toujours défavorable : dans une grande surface au nord de Rennes, le kilo de riz rond blanc ou de lentilles corail bio est vendu environ 2 euros moins cher en vrac que le même produit préemballé. En revanche, dans certains magasins bio, comme à Rennes, les produits vendus en vrac diffèrent de ceux sous emballage, rendant la comparaison impossible. Coralie, gérante de Day by Day à Rennes, reconnaît que ses prix varient, mais met en avant la qualité supérieure de ses produits et la maîtrise de la consommation par les clients, réduisant ainsi le gaspillage.

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Le second frein majeur est la diversité de l'offre, avec 27% des consommateurs ne trouvant pas tous les produits nécessaires en magasin. Dans sa boutique de 60 m², Coralie propose pourtant un millier de références, allant des pâtes et fruits secs aux produits d'hygiène et papier toilette à l'unité. Dans les grandes surfaces, l'offre est souvent limitée, mais un décret paru fin 2025 impose désormais aux magasins de plus de 400 m² de consacrer au moins 20% de leur surface à la vente de produits sans emballage primaire d'ici 2030, ce qui devrait stimuler l'innovation.

Innovations et perspectives pour un avenir plus pratique

Des tests sont en cours pour élargir l'offre, comme dans des magasins Intermarché, E.Leclerc et Monoprix, où des machines permettent la vente en vrac de produits crémeux ou visqueux dans des contenants consignés. La start-up Juwin s'apprête également à tester une solution de distribution avec des contenants réemployables, offrant une précision sur les quantités et les prix. Célia Rennesson commente : « Tout cela va dans le bon sens pour rendre le vrac plus pratique pour l'acheteur et plus sécurisé pour le vendeur. »

Pour ceux qui souhaitent se lancer, il est conseillé de procéder progressivement, sans pression excessive. Comme le résume la spécialiste, « c'est comme un régime, il faut commencer par tester avec quelques produits pour que cela devienne une habitude ancrée. » Une approche douce qui pourrait bien convertir encore plus de consommateurs à cette pratique écologique et responsable.

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