Honte de ne pas aimer cuisiner : décryptage d'une angoisse moderne
Honte de ne pas aimer cuisiner : décryptage

Cette semaine, notre journaliste s'interroge sur les ressorts psychologiques de sa tendance naturelle à faire brûler tous ses plats. Plus inhibant que les influenceuses mode, plus culpabilisantes que les coachs fitness, les « foodistas » l'angoissent. Chaque post montrant l'une d'elles en train de confectionner un repas « gourmand et équilibré » pour 15 personnes en « 10 minutes top chrono » dans une cuisine immaculée déclenche chez elle une crise d'anxiété.

Pourquoi cette incapacité à cuisiner ?

Pourquoi est-elle incapable de faire sauter des patates sans déclencher l'alarme incendie ? Pourquoi n'a-t-elle jamais dans son placard ce fameux ingrédient « magique » transformant une bonne vieille quiche en un festival de saveurs exotiques ? Et surtout, pourquoi ces foodistas ont-elles l'air si confiantes en humant le contenu de leur cocotte, alors qu'elle ne fait ce geste que dans l'inquiétude d'avoir tout raté ?

La faute à la transmission familiale ?

Longtemps, elle a accusé sa mère, cette working girl des années 1980, qui ne jurait que par Findus et qu'elle n'a jamais vue avec une cuillère en bois dans la main. Bien sûr, cette absence de transmission n'a pas aidé, mais depuis le temps – et grâce aux livres de recettes « simplissimes » qu'elle s'est procurés – elle aurait dû progresser. Pourtant, l'angoisse persiste.

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La pression sociale exercée par les réseaux sociaux, où la perfection culinaire est érigée en norme, renforce ce sentiment d'échec. Les foodistas incarnent un idéal inaccessible, générant une culpabilité qui dépasse le simple fait de ne pas savoir cuisiner. C'est tout un rapport à la domesticité, à la créativité et à la performance qui est en jeu.

Finalement, la question n'est pas tant de savoir cuisiner que d'accepter de ne pas aimer cela, dans une société qui valorise l'autosuffisance et le fait maison. Peut-être est-il temps de revendiquer le droit de ne pas être un cordon-bleu, sans honte ni pression.

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