Denis Infante : une fable écologique et poétique à Bagnols-sur-Cèze
Denis Infante : fable écologique à Bagnols-sur-Cèze

Denis Infante : une fable écologique et poétique à Bagnols-sur-Cèze

La médiathèque de Bagnols-sur-Cèze accueille mercredi 20 mai à 18h une lecture à trois voix du roman Rousse, ou les habitants de l’univers, par la compagnie État limite. L’auteur Denis Infante sera présent pour échanger avec le public autour de cette fable écologique et poétique.

En 2024, Denis Infante a publié Rousse, ou les habitants de l’univers, un roman qui a rencontré un franc succès auprès des lecteurs et de la critique. Il a reçu le prix Anne-Tenès et le prix Le livre au cœur. Mercredi 20 mai à 18h30, la médiathèque de Bagnols-sur-Cèze le met à l’honneur avec une lecture à trois voix par la compagnie État limite, en présence de l’auteur, qui vit dans le Gard, du côté d’Alès.

Un roman à hauteur d’animal

Votre roman Rousse met en scène une jeune renarde dans un monde déserté par l’homme. Comment en êtes-vous venu à écrire à hauteur d’animal ? « Je ne saurais pas vous répondre parce que je n’ai pas vraiment trouvé de réponse. C’était mon deuxième roman, le premier édité. J’avais toujours écrit des romans qui se passent de nos jours. Mais ce livre est arrivé un jour. Une de mes sources, c’est un document de Svetlana Alexievitch, La supplication, qui parle de l’après Tchernobyl. Le titre initial de mon livre était Le Nuage de Tchernobyl, donc il doit bien y avoir un rapport. »

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Un texte qui se prête à l’oralité

À la médiathèque de Bagnols, une lecture à trois voix va être réalisée par la compagnie État limite d’une partie du roman. Pourquoi ce choix ? « Julien Reboul a déjà travaillé sur d’autres de mes textes, notamment un recueil de nouvelles. Pour Rousse, je me suis contenté de dispatcher les trois voix et on n’a pas touché au texte. Il se prête relativement bien à l’oralité, même s’il y a cette absence des articles. Quand ils l’ont lu, les gens ont été arrêtés par ça. Par contre, au niveau de la lecture, ça passe vraiment bien, on ne se rend plus compte que les articles ont été supprimés. »

Une écriture poétique

Cette écriture, comment cela vous est venu ? « Il y avait cette volonté d’inventer une espèce de langage animal. Je travaille beaucoup la langue, notamment le rythme, peut-être plus que l’intrigue elle-même d’ailleurs. Dans mon dernier roman, Ce que nous sommes à la fin, des enfants sauvages, il y a aussi tout un travail sur une espèce de faux jargon, de fausse oralité, mélangée à des termes plus sophistiqués. Mais c’est de nouveau une aventure. »

Vous décririez-vous comme un conteur d’aventure ? « Je suis avant tout un raconteur d’histoire, même si, obligatoirement, il y a parfois des éléments philosophiques dans mes textes. J’essaie non pas de mettre de la poésie, mais d’écrire en poésie. Je suis toujours à la recherche de cette espèce d’élévation du langage. »

Un succès inattendu

Aujourd’hui, avec le recul, comment expliquez-vous l’écho médiatique et critique qu’a reçu Rousse ? « Peut-être que Rousse est tombée au bon moment, que les lecteurs avaient besoin de ça. Les libraires m’ont énormément soutenu et continuent. Au début, c’était un peu étrange puisque j’ai 70 ans passés et j’ai été propulsé d’un coup. En 2024, j’ai fait 12 000 kilomètres en train pour parler de Rousse, en 2025 j’en ai fait 13 000. »

Un attachement au territoire

Vous connaissez Bagnols puisque vous avez vécu à Laudun-l’Ardoise. Est-ce un territoire auquel vous êtes toujours attaché ? « Pas vraiment, sinon par mes souvenirs. Je crois que je suis arrivé à Laudun-l’Ardoise, je devais avoir 5-6 ans, jusqu’à ce que je parte, c’est-à-dire vers 17-18 ans. J’espère que les professeurs du lycée de Bagnols m’ont oublié parce que j’étais un élève extrêmement insupportable. »

Le dernier roman d’Aurélie Valognes : « Je savais qu’un jour j’écrirai une lettre à la fille que je n’ai pas eue » Bérénice Pichat, auteure du roman La Petite bonne, en clôture du festival Femmes du monde à Bagnols-sur-Cèze.

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