Samedi 2 et dimanche 3 mai, L'Atelier du végétal organisait Les Printanières, un marché printanier dédié aux plantes rares et méconnues. Cet événement a été l'occasion pour les passionnés de jardinage de se renseigner sur les évolutions à anticiper face au réchauffement climatique. Voici les conseils de quatre professionnels présents.
Yannick Fournet, de l'entreprise Planète Pélargonium à Saint-Vincent-de-Paul (Landes)
Selon Yannick Fournet, il est essentiel de revenir aux pratiques d'avant la Seconde Guerre mondiale. Le pélargonium est une plante à massif, mais après-guerre, l'utilisation des plantes en pot a supplanté celle des plantes de pleine terre. Or, ces dernières nécessitent beaucoup moins d'eau. Il préconise de retrouver le véritable travail du jardinier : bouturage, greffage et récupération des graines pour une utilisation d'une année sur l'autre.
Cédric Basset, de la pépinière Aoba à Saint-Ouen-la-Rouërie (Ille-et-Vilaine)
Cédric Basset estime qu'il faut évoluer face aux étés plus chauds et secs, tout en tenant compte d'hivers parfois froids. Les jardiniers doivent faire des choix et se tourner vers des plantes adaptées. Dans quelques années, certaines plantes communes disparaîtront. Il cite le lagerstroemia (lilas d'été) comme un arbre d'avenir, car il supporte la chaleur estivale et résiste au froid. Il conseille également de planter les arbres en automne pour une meilleure résistance, et prédit que les jardins seront complètement différents dans vingt ans.
Jérémie Nouyrit, pépiniériste et paysagiste à Livernon (Lot)
Spécialisé depuis quinze ans dans les plantes rustiques de terrains secs, Jérémie Nouyrit insiste sur l'importance des techniques de jardinage comme le paillage, l'utilisation d'oyas et de goutte-à-goutte. Il rappelle que les solutions existent déjà, comme les fosses de plantation et l'argile. Il encourage les jardiniers à consulter des spécialistes et à décrire leur environnement pour choisir la plante adaptée. Selon lui, il est temps de sortir de la logique de consommation de la « plante objet ».
Franz Spahl, pépiniériste à Jegun (Gers)
Franz Spahl souligne que les plantes vivent bien plus longtemps que les humains, et que c'est à l'homme de s'adapter. Il déconseille le « raichage » (cueillette des fruits restants après récolte) et prône l'observation de la nature pour s'adapter à son rythme. Dans le Gers, cette approche est traditionnelle, bien avant que le réchauffement climatique ne soit un sujet de préoccupation.



