Conge climatique : l'exemple de nos voisins européens
Conge climatique : l'exemple de nos voisins européens

Un débat qui prend de l'ampleur en France

La question de l'instauration d'un congé climatique en France suscite un intérêt croissant. Alors que les épisodes de canicule se multiplient et que la prise de conscience environnementale s'accélère, plusieurs voix s'élèvent pour proposer un droit à l'absence pour les salariés en cas d'événements climatiques extrêmes. Mais qu'en est-il concrètement chez nos voisins européens ? Certains pays ont déjà franchi le pas, offrant des pistes de réflexion pour la France.

L'Espagne pionnière avec un congé climatique payé

L'Espagne a été l'un des premiers pays à instaurer un congé climatique. En 2023, le gouvernement espagnol a adopté une mesure permettant aux salariés de s'absenter jusqu'à quatre jours en cas d'alerte météorologique (canicule, inondations, incendies). Ce congé est rémunéré à 100 % et ne peut être refusé par l'employeur. Selon le ministère du Travail espagnol, cette mesure vise à protéger la santé des travailleurs tout en maintenant la productivité. La Confédération syndicale des commissions ouvrières (CCOO) a salué cette avancée, déclarant : « C'est une reconnaissance du droit à la sécurité face au changement climatique. »

L'Italie et le Portugal sur la même voie

L'Italie a suivi l'exemple espagnol en 2024, avec un congé climatique de trois jours maximum, également rémunéré. Le décret-loi précise que les salariés doivent justifier de l'alerte par un bulletin météo officiel. De son côté, le Portugal a opté pour un système plus flexible : les entreprises peuvent accorder des jours de repos supplémentaires en cas de conditions climatiques extrêmes, mais sans obligation légale. Selon une étude de l'Agence européenne pour l'environnement, 12 % des salariés portugais ont déjà bénéficié de ce type de congé de manière informelle.

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L'Allemagne mise sur la négociation collective

En Allemagne, il n'existe pas de congé climatique légal. Cependant, de nombreuses conventions collectives incluent désormais des clauses spécifiques. Par exemple, le secteur de la construction prévoit un arrêt de travail automatique lorsque la température dépasse 35 °C. Le syndicat IG Bau a négocié cette mesure, estimant que « la protection des travailleurs face à la chaleur est une priorité ». Selon le ministère fédéral du Travail, environ 8 millions de salariés allemands sont couverts par de telles clauses.

Les Pays-Bas et la Belgique : des approches différentes

Aux Pays-Bas, le congé climatique n'est pas inscrit dans la loi, mais les employeurs sont tenus de garantir la sécurité au travail. En cas de canicule, ils peuvent imposer des horaires aménagés ou du télétravail. La Belgique, quant à elle, a introduit en 2024 un « congé de force majeure climatique » non rémunéré, mais permettant aux salariés de s'absenter sans perdre leur emploi. Cette mesure concerne principalement les secteurs exposés, comme l'agriculture ou la logistique.

Quelles leçons pour la France ?

En France, le débat est porté par plusieurs syndicats et associations écologistes. La CFDT a proposé un congé climatique de cinq jours par an, rémunéré et sans condition d'ancienneté. De son côté, le gouvernement étudie la possibilité d'un cadre légal, mais sans calendrier précis. Selon un sondage Ifop de juin 2024, 68 % des Français seraient favorables à cette mesure. Reste à définir les modalités : financement, seuils de déclenchement, et articulation avec le télétravail. L'expérience européenne montre qu'il existe plusieurs modèles, mais tous partagent un objectif commun : adapter le droit du travail aux défis climatiques.

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