Christian Louboutin : entre jardins, yaourts et concerts
Chaque semaine, une personnalité nous raconte ce qui lui permet de se détendre. Cette fois-ci, c'est le célèbre chausseur de luxe Christian Louboutin, âgé de 63 ans, qui se livre. Heureux propriétaire des Jardins de Kerdalo, un paradis vert dans les Côtes-d’Armor, et parrain des Journées des plantes de Chantilly, il partage ses passions et ses rituels de bien-être.
La magie des concerts
Pour Christian Louboutin, assister à un concert est une expérience unique. « Je trouve toujours triste d’entendre quelqu’un dire qu’il n’aime pas assister à un concert parce qu’il est claustrophobe ou agoraphobe car, pour moi, c’est l’une des expériences les plus extraordinaires qui soient », confie-t-il. « C’est une forme de communion d’amour assez belle avec des artistes que l’on admire. J’ai adoré hurler devant Prince et je suis super content de pouvoir le faire bientôt devant Bad Bunny, que j’irai voir à Paris La Défense Arena, début juillet. »
Voyager pour les jardins et les yaourts
Le créateur de chaussures adore voyager depuis son adolescence, mais il a une approche bien particulière des destinations. « Je ne suis pas du genre à m’installer pour quinze jours sous un cocotier. Il faut que je bouge, que je visite et que j’aille de découverte en découverte », explique-t-il. « Je planifie tous mes voyages, et je prends toujours deux éléments en considération avant de choisir mes destinations : les jardins et les yaourts. Si l’endroit est réputé pour les jardins et les yaourts, je fonce. S’il est réputé pour les jardins, mais pas pour les yaourts, ça me va. S’il est réputé pour les yaourts, mais qu’il n’y a pas de jardins, j’hésite (rires). »
Il précise que les yaourts varient énormément d’un pays à l’autre. « On trouve des yaourts partout, mais ils sont vraiment différents d’un pays à l’autre. Le bulgare n’est pas comme le grec. Lequel n’a rien à voir avec l’ouzbek ou le suisse. Ils intègrent des fruits et ont des saveurs qu’on ne retrouvera jamais ailleurs, et qui changent au gré des goûts et des productions les plus communes du coin, comme la goyave ou l’açaï, au Brésil. »
Passion pour les jardins
Christian Louboutin a découvert son amour pour les jardins à 18 ans, lors d’une visite au Palais idéal du facteur Cheval, dans la Drôme. « Ce qui me plaît dans un jardin, c’est quand il est habité, quand on peut y lire une personnalité et sentir les personnes qui l’ont conçu », dit-il. « Mais aimer les jardins ne veut pas forcément dire aimer le jardinage, même si je prends plaisir à palisser, tailler des arbres et déplacer des arbustes. »
Natation et détente
Bien que né à Paris, Louboutin a des origines bretonnes et adore la mer. « J’adore jouer dans les vagues avec Paloma et Éloïse, mes deux filles de 11 ans », raconte-t-il. À Paris, il nage 1,5 kilomètre tous les matins après avoir déposé ses filles à l’école. « Cela me détend et, bizarrement aussi, m’inspire. De nombreuses idées me sont venues en alignant les longueurs, 25 allers-retours au minimum, car je perds souvent le compte. L’effort est une forme de méditation et, pour moi également, une forme de réflexion concentrée. »
Shopping et objets
« Je suis accro au shopping », avoue-t-il. Pendant des années, il a arpenté les foires horticoles en France et en Angleterre, à la recherche d’arbustes et de graines. Mais son activité favorite à Paris est de se rendre à Drouot, l’hôtel des ventes, sur sa Vespa. « Une demi-heure me suffit parfois à faire une razzia ! Tout m’intéresse, parce que j’aime le dessin et que, grâce à mon père, qui était ébéniste, j’ai très tôt développé une passion pour les objets et la sculpture. »
Crêpes et arts
Le créateur aime aussi cuisiner pour ses filles. « J’adore faire des crêpes pour mes filles. Cela ne demande pas beaucoup de concentration et tout le monde s’amuse quand je m’improvise super chef et que je joue à prendre leurs commandes comme si nous étions au restaurant. »
Enfin, il apprécie les arts plastiques, notamment le travail d’Eva Jospin. « L’exposition de ses créations, de grande ou de petite taille, organisée cet hiver au Grand Palais était sublime. Aussi émouvante qu’impressionnante. Son travail et l’attention qu’elle accorde aux détails me paraissent exceptionnels. »
Ses trois recommandations pour le week-end
- Le Palais de la Porte Dorée (Paris, 12e) : « C’est un lieu qui m’est cher. Étant né à Paris et ayant grandi à côté de ce lieu, qu’on appelait alors Musée des arts africains et océaniens, je l’ai beaucoup visité. C’est là que j’ai commencé à voyager, que je me suis ouvert à d’autres civilisations, d’autres cultures. Cela a considérablement développé mon imaginaire. »
- La primevère auricule : « J’aime les plantes qui semblent sortir d’un conte de fées, comme la gunnère du Brésil, une espèce de rhubarbe géante aux feuilles immenses, ou les fougères arborescentes. Je cultive aussi la primevère auricule en pot, pour ses fleurs à l’aspect velouté, presque soyeux, et leurs couleurs absolument extravagantes. »
- « Le Magicien », de Colm Tóibín : « J’achète de très nombreux livres, plus que je n’ai le temps d’en lire, parce que je trouve qu’il est important de soutenir les écrivains. Mais cet ouvrage m’a été offert par une amie, il y a quatre ou cinq mois. C’est probablement l’un des plus beaux romans que j’ai lus. Tellement extraordinaire que je préfère ne rien en dire pour laisser aux autres la possibilité d’être surpris. »
Son actu : Journées des plantes de Chantilly, jusqu’au 24 mai, de 10 heures à 19 heures, 14 €. Journeesdesplantesdechantilly.fr.



