Les bases de canoë-kayak situées près de Ganges, dans l'Hérault, ont vécu une saison estivale contrastée en raison d'une météo capricieuse. Entre fermeture précoce, adaptation de l'offre et baisse du tourisme étranger, les gérants dressent un bilan mitigé de ces mois d'été.
Un niveau d'eau plus haut mais des parcours modifiés
À la base Canoë Montana, à Agonès, les premiers touristes arrivent dès 10 heures. Jean-Michel, Gaëlle et leurs quatre enfants, une famille auvergnate, grimpent sur un canoë pour certains une première fois. Ils pagayent difficilement à l'entame du parcours, bloqués quelques mètres plus loin faute de débit. "Il a plu mais il faudrait un peu plus de fond", commente Jérôme, venu de Belgique avec son père. Après une chute sur un rapide caillouteux, ils ont dû pousser leur embarcation sur quelques mètres avant de pouvoir remonter dedans.
Victor, patron de la base depuis six ans, assure pourtant que "le niveau d'eau est plus haut que les autres années". "L'année dernière, on était à 1,6 mètre cube, cette année on est à 2." Les inondations de fin décembre 2025 ont permis de maintenir un niveau durable, mais les crues modifient le cours d'eau à certains endroits, changeant le tracé d'année en année. Victor regrette que l'on ne puisse pas curer les rivières, c'est-à-dire enlever les amas de sables et de cailloux, notamment la plage de galets formée à Laroque qui réduit le lit de la rivière.
Adaptation de l'offre et réparations coûteuses
Face à ces conditions, Victor oriente au maximum les clients vers les kayaks, "plus légers, plus maniables et qui raclent moins". Pour lui et son confrère de la base Canoë Le pont suspendu, l'enjeu est d'éviter les réparations coûteuses des barques. "Un canoë vaut 600 euros pour nous qui achetons en lot, et à force de le réparer, il se fragilise, jusqu'à ce qu'il soit inutilisable", détaille Cédric, responsable de la base, qui compte environ 300 bateaux. "Alors depuis début août, on dirige les touristes vers les deux parcours de la partie basse de l'Hérault, plus profonde."
Les réparations sont nombreuses, surtout quand le niveau d'eau est bas. Les embarcations raclent le fond, endommageant leur coque. S'ajoutent les incidents des visiteurs les moins expérimentés. Pour réparer ces bateaux en plastique, il faut souder. "On utilise des morceaux de bateau usés dans lesquels on découpe des bandes et on vient faire de la soudure plastique", explique Cédric. "Ça prend parfois du temps. Il faut être précis et lent pour que la réparation dure dans le temps. Parce qu'à force de réparer, on fragilise."
Bilan mitigé et fermeture anticipée
Les deux gérants constatent une baisse de la fréquentation étrangère. "Comparé à d'autres années, on a moins de touristes étrangers hollandais ou allemands", remarque Cédric, évoquant les fortes chaleurs et l'augmentation du coût de la vie, notamment de l'essence. Malgré cela, Canoë Le pont suspendu n'a pas fermé de l'été, mais sa saison se clôturera le 31 août, par crainte d'un épisode cévenol. "Il suffit d'une pluie pour rebuter les gens à venir et nous plomber notre journée. Et au vu des années précédentes, ça coûte plus cher en termes de charges de rester ouvert", développe Cédric.
Victor, lui, a prévu de démonter toutes les structures à partir du 31 août, au cas où, mais de continuer à accueillir les visiteurs jusqu'au 30 septembre. Une décision qui permet de prolonger la saison et d'offrir aux vacanciers la possibilité de profiter des parcours plus longtemps.



