La France a signé un exploit historique aux championnats du monde de badminton à New Delhi, remportant deux médailles d'or, une première dans son histoire, et laissant la Chine avec un seul titre. Alex Lanier en simple hommes et le duo Delphine Delrue-Thom Gicquel en double mixte ont propulsé le badminton français au sommet mondial, un exploit salué par les dirigeants et les joueurs.
Un moment historique pour le badminton français
« C'est absolument incroyable ce qui nous arrive, se réjouit Franck Laurent, le président de la Fédération française, auprès de 20 Minutes. On vit un moment historique. Le 23 août 2026, il faut le marquer d'une croix blanche. » Ces deux titres, obtenus dimanche, sont les premiers de l'histoire de la France dans cette discipline, qui n'avait auparavant glané que deux bronzes.
Thom Gicquel, après la finale, a exprimé son émotion : « C'est quelque chose d'inespéré, c'est assez extraordinaire d'être champions du monde, j'ai du mal à y croire. On est très fiers, très heureux, on bat les n°1 et n°2 chinois. Je pense au petit Thom qui voit des drapeaux chinois et qui se dit on est au-dessus maintenant. Il y a quinze ans, le badminton français ne pouvait pas trop rêver de ça. »
La France rivalise avec la Chine
Le président de la FFBad a souligné l'ampleur de cette performance : « Je suis dans le badminton depuis 1988-1989. Se dire que le badminton français rivalise avec la Chine, c'est juste incroyable. La Chine, c'est 250 millions de pratiquants. C'est un truc que je n'aurais jamais cru voir de mon vivant. On voyait bien qu'on allait y arriver. Mais c'est quelque chose d'inespéré. C'est magnifique. On a du mal à y croire tellement c'est grandiose. »
Cette réussite n'est pas le fruit du hasard. Depuis plusieurs années, le badminton français a misé sur la structuration, la détection des talents, un meilleur encadrement et un budget conséquent dédié au haut niveau. Ces investissements commencent à payer, comme en témoigne la progression des joueurs tricolores sur la scène internationale.
Une dynamique qui fait peur à l'Asie
« Je ne pense pas que l'Asie ait peur de nous, mais nous avons la chance d'être devenus assez bons pour qu'ils doivent avoir peur de nous », estimait il y a un an Jeppe Ludvigsen, entraîneur danois des doubles français. Aujourd'hui, Franck Laurent affirme : « On fait peur à l'Asie. Aujourd'hui, il n'y a pas photo. À chaque fois que je vais sur une assemblée générale internationale, on me dit qu'on est la nation qui compte aujourd'hui dans le badminton. »
Cette dynamique est portée par des performances récentes : victoires de Lanier et Christo Popov sur des tournois 750, finale de Toma Popov sur un 1000 il y a quinze jours, et sa victoire aux Masters. Le tout sans que le meilleur joueur français, Christo Popov, cinquième mondial avant les championnats, ne brille à New Delhi, éliminé dès le premier tour. Il n'empêche : mardi, il montera à la deuxième place mondiale, derrière l'Indonésien Jonathan Christie, une première pour un Français.
Des retombées prometteuses pour la discipline
Avec Alex Lanier 7e, juste devant le premier Chinois, et Toma Popov 15e, la France semble presque inarrêtable, avec l'espoir de décrocher une première médaille olympique à Los Angeles dans deux ans. Franck Laurent tempère : « Profitons de ces médailles. On vit un moment historique, ne nous projetons pas trop vite dans l'avenir. Dans le badminton, il n'y a pas beaucoup de pays européens qui ont des médailles aux championnats du monde. On verra pour aller chercher les autres médailles. »
Une cérémonie devrait être organisée fin septembre en l'honneur des médaillés de New Delhi. « Comme je le disais à un certain nombre de membres du comité exécutif, on n'est pas sûr de revivre ça, en sourit le dirigeant. Fêtons-le et profitons de ce moment. » Ces titres pourraient aussi avoir des retombées importantes pour le badminton français : après les Jeux olympiques de Paris, 30 000 nouveaux licenciés avaient rejoint les clubs. Avec ces deux titres mondiaux, juste avant la rentrée scolaire, un nouveau pic est possible. « On ne peut pas mieux faire, on fait une campagne de pub mondiale au bon moment, à prix zéro », conclut Franck Laurent.



