À Anduze, dans le Gard, l'association Obsolescence déprogrammée, fondée par le jeune électricien Grégoire Panossian, a ouvert un tiers lieu nommé Le Bocal. Installé dans un ancien commerce de la rue Basse, ce lieu propose la réparation de petit électroménager et favorise les rencontres.
Un projet né de deux ambitions
Grégoire Panossian, 28 ans, a lancé l'association avec des amis. "Nous avions deux objectifs : lutter contre le gaspillage en revalorisant des objets par la réparation, et créer du lien social en offrant un lieu public." Le Bocal, avec sa grande baie vitrée, donne l'impression d'être dans un bocal, d'où son nom.
Maryline De Jesus Simoes, éducatrice spécialisée en recherche d'emploi, témoigne : "Mon fils de 8 ans a réussi à remettre en service son globe terrestre qui ne s'allumait plus. Il était trop fier." Pour elle, l'aspect écologique est important, mais la préoccupation financière compte aussi.
Réparer, apprendre, partager
Gégoire Panossian a une formation en gestion des énergies renouvelables et a travaillé en bureau d'études. "Il me manquait un côté pratique, manuel. Je pense qu'il y a beaucoup à faire pour apprendre aux gens à réparer eux-mêmes." Au Bocal, on peut déposer son petit électroménager défectueux ou utiliser l'atelier partagé. L'adhésion à l'association est à prix libre, de même que la réparation. "On note le temps passé et on suggère le prix du smic horaire. Au bout de trois heures, j'arrête si la panne est trop complexe", explique Grégoire.
Depuis janvier, 104 objets ont été déposés, dont 65 % ont été réparés. 36 % ont nécessité une pièce de rechange. Les bénévoles, comme Maryline, désossent les appareils obsolètes pour récupérer des composants. "Une carte électronique coûte 150 €, donc si l'appareil vaut 200 €, les consommateurs le jettent. Nous démontons ce qui ne peut pas être réparé pour réutiliser des éléments."
Des besoins et des projets
L'association aimerait être plus mobile pour récupérer du gros matériel comme des lave-linge, pour lesquels la demande de réparation est forte. Des demandes de subventions ont été déposées. Le volet formation à l'auto-réparation est aussi en développement.
Bruno Vattier, retraité de Schneider Electric, a été incité par l'ancienne maire d'Anduze à s'intéresser à l'association. "J'étais dans l'informatique et j'ai donné des cours à des détenus. Mes savoirs de bricoleur m'ont été transmis par mon grand-père et je trouve ça super de partager." L'association recherche des bénévoles compétents en électronique pour réparer téléphones, tablettes, enceintes, etc.
Le Bocal est ouvert le mercredi et le jeudi de 14 h à 20 h, et le vendredi de 10 h à 17 h, au 29 rue Basse à Anduze. Contact : 06 85 86 33 32.



