Comment l'amendement Gaïa a sauvé les paillotes de Pampelonne
Amendement Gaïa : sauvetage des paillotes de Pampelonne

Menacées par la loi Littoral, les paillotes de Pampelonne sauvées par l'amendement Gaïa

La loi Littoral, vivement critiquée à son lancement, a permis de conserver des espaces naturels uniques sur la côte varoise, mais a également mis en péril l'activité économique estivale. Cependant, l'amendement du député Robert Gaïa, adopté en 2000, a changé la donne.

Un épisode marquant à la fin des années 1990

Sur la plage de Pampelonne à Ramatuelle, vingt-huit paillotes étaient implantées, attirant près de 35 000 personnes par jour en été, selon Var-matin. En décembre 1999, la cour administrative d'appel de Marseille a confirmé le jugement du tribunal administratif de Nice déclarant cette plage « espace naturel remarquable », ce qui entraînait la destruction des paillotes.

L'homme qui a sauvé Pampelonne

Pour sauver l'activité économique de cette plage réputée, le député varois socialiste Robert Gaïa a rédigé un amendement adopté le 13 décembre 2000 par l'Assemblée nationale puis le Sénat dans le cadre de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains). Cet amendement a permis une redéfinition du cahier des charges : installations démontables, limitation de l'emprise sur le sable, réduction du nombre de lots et restauration écologique. Avant son entrée en vigueur, trois paillotes avaient été démontées, et d'autres l'ont été par la suite, comme l'emblématique Voile Rouge en décembre 2011. Mais le but était atteint : l'activité a perduré. « Dans les années 1990, il y a eu jusqu'à 31 paillotes à Ramatuelle et il n'y en a plus qu'une vingtaine aujourd'hui », note Gil Bernardi, président des maires des communes littorales. Robert Gaïa a été surnommé localement « l'homme qui a sauvé Pampelonne ». Son amendement a également permis la délivrance de dérogations aux maires pour l'aménagement d'équipements publics en bord de mer (parkings, sanitaires, jardins paysagers).

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L'amendement Trucy et la station d'épuration Amphitria

En 1994, un autre homme politique varois, le sénateur-maire UDF de Toulon François Trucy, a utilisé la loi pour faire aboutir un projet bloqué : la construction de la nouvelle station d'épuration de Toulon Amphitria, l'une des plus grandes de Méditerranée, capable de traiter les eaux usées de plus de 350 000 habitants à l'ouest de Toulon. Problème : elle était adossée au site classé du Cap Sicié dans la bande des 100 mètres. En février 1991, le tribunal administratif de Nice estimait que la station entrait dans les exceptions du code de l'urbanisme, un feu vert confirmé deux ans plus tard par le ministre de l'Environnement. Mais alors que les travaux avaient été lancés, le Conseil d'État a tout annulé. François Trucy a donc fait voter un amendement éponyme pour porter à exception « la construction de stations d'épuration non liées à une opération d'urbanisation nouvelle ».

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