Pour aider vos enfants à développer un rapport serein à la nourriture et à leur corps, voici quatre écueils à éviter et trois pistes à explorer. Cet article a été initialement publié sur The Conversation.
Comprendre les conduites alimentaires problématiques
Élever ses enfants de façon à ce qu'ils aient un rapport apaisé à l'alimentation et à leur corps est l'une des meilleures approches pour favoriser le développement d'une bonne estime de soi et les protéger contre les troubles du comportement alimentaire. Toutefois, l'exercice peut s'avérer délicat lorsqu'on rencontre soi-même des difficultés vis-à-vis de ce sujet. Quels comportements adopter – et lesquels éviter ? On fait le point.
Qu'entend-on par « conduites alimentaires problématiques » ?
L'expression « conduites alimentaires problématiques » désigne un ensemble de comportements et d'attitudes dysfonctionnels vis-à-vis de son alimentation, de son poids et de son corps. Ceux-ci peuvent se traduire par la mise en place de régimes, l'exclusion de certains aliments, le fait de sauter des repas, de jeûner, de pratiquer un sport excessif, ou de connaître des épisodes d'hyperphagie. Ces conduites ne mènent pas systématiquement à un trouble du comportement alimentaire (TCA), mais les TCA sont généralement précédés par des régimes. À l'échelle mondiale, 22 % des enfants et adolescents présentent des conduites alimentaires problématiques, avec une prévalence plus élevée chez les filles.
Quatre écueils à éviter
1. Classer les aliments en « bons » et « mauvais »
Évitez de parler de régime, de perte de poids ou de qualifier les aliments de « bons » ou « mauvais ». Cela revient à faire de l'alimentation une question morale. Dire que l'on a « fait n'importe quoi » après avoir mangé sucré, ou que l'on a « été raisonnable », entretient la culpabilité. Privilégiez un discours centré sur la façon dont les aliments nourrissent le corps ou sur le plaisir qu'ils procurent.
2. Commenter le corps des autres
Faire des remarques sur le corps, le poids ou les habitudes alimentaires d'autrui incite les enfants à se comparer. Si votre enfant fait une remarque, répondez que chacun est différent : certains sont plus grands, d'autres plus petits, avec des corps variés. Célébrez la diversité des morphologies pour enseigner que la valeur d'une personne ne dépend pas de son poids.
3. Faire des compliments centrés sur l'apparence
Félicitez votre enfant sur des aspects sans lien avec le poids ou l'alimentation : « C'était généreux de partager tes jouets » ou « Tu t'es appliqué pour tes devoirs ». Évitez de complimenter un inconnu sur son apparence ; préférez son énergie, son humour ou sa créativité.
4. Dénigrer son propre corps
Les enfants vous ont pour modèle. Des recherches montrent que critiquer son propre corps incite les enfants à adopter un discours négatif. Soulignez plutôt la force, la santé ou la fonctionnalité de votre corps : « Ces bras me permettent de te serrer fort » ou « Mes jambes sont faites pour marcher ».
Trois pistes à explorer
1. Ayez confiance en la capacité d'autorégulation de votre enfant
Les enfants sont capables de manger selon les besoins de leur corps. Apprenez-leur à écouter la faim et la satiété. Exiger qu'ils finissent leur assiette peut créer des conflits et les amener à négliger leurs signaux corporels. Vous pouvez leur demander de rester à table sans lien avec la quantité mangée. Considérez leur alimentation sur une semaine plutôt que sur un repas.
2. Cultivez votre propre plaisir de manger
Si vous avez une alimentation variée et que vous savourez vos repas, vous devenez un modèle. Si vous rencontrez des difficultés avec votre image corporelle, déconstruisez les injonctions liées aux régimes. N'hésitez pas à consulter un professionnel si nécessaire.
3. À défaut de positivité, visez la neutralité
Si la « positivité corporelle » est difficile, optez pour la neutralité corporelle : acceptez et respectez votre corps tel qu'il est. Reformulez vos pensées : au lieu de « J'ai pris du poids », dites-vous que votre corps a le droit de changer.
Quels signaux doivent alerter ?
Si vous observez des changements brusques dans l'alimentation ou le poids de votre enfant, engagez la conversation. Parlez de nourriture et d'image corporelle à tout âge. Favorisez le dialogue, écoutez sans jugement. Si vous êtes préoccupé, consultez un médecin traitant, un diététicien ou un psychologue spécialisé dans les troubles alimentaires.



