Ce week-end, la métropole toulonnaise accueille la dixième édition des 48 heures de l'agriculture urbaine, un événement qui met en lumière les initiatives locales de végétalisation et de partage. Organisé par le Collectif Varois pour l'Agriculture Urbaine (CVAU), le festival propose conférences, balades et ateliers pour interroger la place de l'agriculture dans les centres-villes, en particulier dans un contexte méditerranéen marqué par la chaleur et la densité urbaine.
Une balade urbaine pour comprendre les aménagements
Hier, une quinzaine de participants a participé à une balade urbaine au départ du parc de la Loubière, encadrée par le paysagiste-concepteur Clément Vacca. Le parcours a traversé plusieurs quartiers, comme la Visitation et la Rode, jusqu'au Champ de Mars. L'objectif : comprendre les aménagements urbains existants et changer de regard sur son environnement quotidien. « Observer une jardinière, un alignement d'arbres ou un petit parc, c'est déjà commencer à percevoir la ville différemment », explique Clément Vacca.
La végétalisation participative au cœur de l'événement
Cette édition met l'accent sur la végétalisation participative, qui implique directement les habitants. Carine Chevrier, spécialiste de l'agriculture urbaine au CVAU, détaille : « Le collectif accompagne plusieurs projets, et ces événements permettent de montrer concrètement ce qui a été réalisé ces derniers mois. Dans le quartier de la Visitation, quatre jardinières ont récemment vu le jour grâce à l'implication des riverains. »
Le permis de végétaliser, un dispositif qui porte ses fruits
Ces initiatives s'inscrivent dans le cadre du « permis de végétaliser » mis en place par la mairie l'an dernier. Ce dispositif permet à chaque habitant, après autorisation, de planter, jardiner et entretenir un espace dans sa rue. « Une manière simple mais puissante de redonner du pouvoir d'agir aux citoyens et de transformer l'espace public en bien commun vivant », soulignent les spécialistes.
Les multiples bénéfices de l'agriculture urbaine
Les formes d'agriculture urbaine sont diverses : jardinières de rue, pots de fleurs, micro-potagers, cultures en pied d'immeuble ou jardins partagés. Au-delà de la production alimentaire, ils deviennent des lieux d'échange, de transmission et de partage. Végétaliser la ville permet de lutter contre les îlots de chaleur urbains, en apportant fraîcheur et ombre, favorise la biodiversité en offrant des refuges aux insectes pollinisateurs, et encourage l'activité physique tout en renforçant le lien social.
Un rôle pédagogique fondamental
L'agriculture urbaine joue aussi un rôle pédagogique en impliquant les enfants dans des potagers, leur faisant connaître l'origine des aliments et les sensibilisant à une alimentation plus responsable et durable. « Comprendre d'où vient ce que l'on mange, observer les cycles, apprendre à cultiver sont des actions essentielles », assure Carine Chevrier.
Les 48 heures de l'agriculture urbaine ne se contentent pas de présenter des projets : elles ouvrent un dialogue sur une manière d'habiter et d'animer sa ville, rappelant que chacun, à son échelle, peut contribuer à la transformer. Cultiver la ville, c'est recréer du lien et redonner du sens à nos espaces de vie.
Pratique : La manifestation se poursuit aujourd'hui dans les jardins de la Métropole. Programme complet sur les48h.com.



