Tribune de vétérinaires contre les turbo-poulets : un appel à l'agro-industrie pour le bien-être animal
Vétérinaires contre les turbo-poulets : appel à l'agro-industrie

Un collectif de vétérinaires et éthologues s'élève contre les turbo-poulets

Dans la foulée du reportage "Complément d'enquête" diffusé le 15 janvier 2026, intitulé "Les Petits Secrets du roi du poulet", un collectif de vétérinaires, chercheurs et éthologues publie une tribune pour dénoncer l'utilisation des souches génétiques de poulets à croissance ultra-rapide dans l'agro-industrie. Ce documentaire met en lumière les pratiques du géant agroalimentaire LDC, notamment le recours aux poulets Ross 308, calibrés pour maximiser la rentabilité au détriment de la santé animale.

Les conséquences désastreuses de la croissance accélérée

Les poulets Ross 308, qualifiés de "Formule 1" du poulet, atteignent leur poids adulte en seulement 35 à 45 jours, contre six mois pour une croissance normale. Cette sélection génétique poussée entraîne des problèmes de santé graves. Lors d'une autopsie filmée, le docteur vétérinaire Théo Noguer a constaté que plusieurs oiseaux sont morts brutalement en raison d'un stress physiologique lié à cette croissance accélérée.

Leur anatomie est également modifiée pour répondre aux besoins industriels. Cécile Berri, présidente du centre de recherche INRAE Val de Loire, note que les muscles pectoraux représentent désormais 25 % du poids des animaux, contre 12 % à 13 % dans les années 1950. Ce déséquilibre vers l'avant, combiné à une litière souillée, favorise les lésions cutanées, les escarres et les difficultés de déplacement. Certains poulets utilisent leurs ailes comme béquilles, incapables de voleter.

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La souffrance animale au cœur des préoccupations

Les tendons et ligaments sont volontairement affaiblis pour faciliter le détachement de la viande des os, une pratique avantageuse pour l'industrie mais source de souffrance, avec des risques d'arthrite. Le ventre déplumé rend ces oiseaux plus sensibles aux infections dermatologiques, leur peau étant brûlée par l'ammoniac des litières.

Une étude du Welfare Footprint Project montre que l'adoption de souches à croissance plus lente réduirait de 78 % le temps passé par les poulets à souffrir de douleurs intenses. Cette souffrance explique la mortalité élevée dans les élevages, comme le témoigne un éleveur dans le reportage, qui déplore un taux de 8 % et doit quotidiennement euthanasier des animaux trop faibles.

Les engagements limités de l'industrie

Alors que huit Français sur dix s'opposent à l'élevage intensif, le collectif estime injustifiable l'utilisation de ces "animaux-barquettes". Depuis le reportage, LDC s'est engagé à respecter le European Chicken Commitment d'ici 2028, suivi par Terrena. Cependant, d'autres producteurs comme Maïsadour, Eureden, Plukon et Le Gouessant continuent d'utiliser ces souches, malgré leurs communications sur le bien-être animal.

Les signataires, dont Bérangère Bourgoin, Mehdi Brahimi, et Jessica Serra, appellent à bannir la souche Ross 308 et ses équivalents, arguant que les poulets sont des êtres sensibles et que la course aux bénéfices ne justifie pas leur souffrance. Cette tribune souligne l'urgence d'une transition vers des pratiques plus éthiques dans l'agroalimentaire.

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