Le préfet du Var visite une exploitation bio pour saisir les défis de la filière agricole
Préfet du Var sur le terrain avec les agriculteurs bio

Le préfet du Var à la rencontre des défis de l'agriculture biologique

Simon Babre, préfet du Var, a effectué une visite de terrain ce mercredi 22 avril 2026 au Domaine des Fouques à Hyères. Cette immersion avait pour objectif de prendre la mesure des réalités concrètes auxquelles sont confrontés les agriculteurs labellisés Agriculture Biologique (AB) dans le département.

Une exploitation diversifiée en biodynamie

Accueilli par Yves Gros, fondateur du domaine, et sa fille Christelle Rapée, le représentant de l'État a parcouru les différentes facettes de cette exploitation viticole qui s'est diversifiée. « C'est très beau chez vous », a-t-il complimenté, découvrant tour à tour les vignes, la cave, les parcelles maraîchères, le poulailler et les gîtes ruraux.

La diversification apparaît comme une stratégie essentielle, motivée par des impératifs économiques – « le vin se vend moins bien », déplore Christelle Rapée – mais aussi par la nécessité de renforcer la biodiversité et de s'adapter au changement climatique. Matisse de Rivière, directrice d'Agribiovar, l'association à l'origine de cette visite, souligne que ces « sujets transversaux » concernent toutes les filières agricoles, mais génèrent « davantage de difficultés en bio ».

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Biosécurité et incohérences réglementaires

Devant l'enclos abritant 70 pintades et 150 poulets, Christelle Rapée a pointé du doigt les règles de biosécurité contre la grippe aviaire, qu'elle juge « surdimensionnées » pour les petites exploitations biologiques. Elle explique que ces exigences sanitaires entrent souvent en contradiction avec les critères nécessaires à l'obtention du label AB. Agribiovar dénonce ainsi un manque de cohérence dans la réglementation.

Le préfet, quant à lui, affirme vouloir rester « strict et pragmatique » face à ces problématiques complexes.

Les défis de l'approvisionnement et de la transmission

La visite a également abordé la question cruciale des intrants. La suspension possible du seul fongicide au cuivre autorisé en viticulture bio inquiète profondément la profession. L'échange avec Simon Babre visait à ce qu'il relaie ces préoccupations au niveau national.

Le préfet s'est montré particulièrement attentif aux questions d'approvisionnement local et de création de débouchés. Il a annoncé le projet d'un atelier de découpe, financé par l'État, pour structurer les filières, parallèlement à la création d'un futur marché d'intérêt local au Val. En revanche, l'idée d'un abattoir varois a été abandonnée, jugée risquant de « fragiliser l'existant ».

Matisse de Rivière se réjouit que le préfet « intègre pleinement l'agriculture bio dans la restructuration des filières », notant un travail « sur un pied d'égalité » avec la Chambre d'agriculture et l'Audat grâce au fonds vert.

Une filière dynamique mais vulnérable

Le Var se distingue comme l'un des rares départements où l'agriculture biologique reste dynamique, avec une croissance de 14% sur les cinq dernières années, là où d'autres territoires connaissent un tassement.

Malgré cette vitalité, des menaces persistent : difficultés d'accès au foncier, coûts colossaux de la transmission. Au Domaine des Fouques, l'inquiétude est palpable. « Mon père a créé le domaine en 1991, je l'ai rejoint trois ans plus tard. Mais aujourd'hui, nous ne sommes pas sûrs que cet outil de travail pourra être transmis à la génération suivante », confie Christelle Rapée, craignant que l'exploitation « ne sorte de la famille ».

Cette visite terrain du préfet Simon Babre aura permis de mettre en lumière les défis multidimensionnels – économiques, réglementaires, climatiques et successoraux – auxquels doit faire face l'agriculture biologique varoise, une filière résiliente mais confrontée à des obstacles structurels majeurs.

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