La révolution des piscines naturelles en Périgord
En Dordogne, où les étés deviennent de plus en plus chauds, la tentation d'installer une piscine dans son jardin est grande. Cependant, les préoccupations environnementales liées à la consommation d'eau, à l'énergie et aux produits chimiques freinent souvent les élans. C'est dans ce contexte que le bassin de baignade biologique, communément appelé piscine naturelle, émerge comme une alternative crédible et durable.
Une expertise acquise sur quinze ans
Près de Lalinde, l'entreprise du paysagiste et élagueur Benjamin Escarmant s'est spécialisée dans ce domaine depuis une quinzaine d'années. « Auparavant, nous intervenions sur des chantiers de piscine traditionnelle, mais cela ne correspondait pas à notre éthique environnementale », explique Mylhène Escarmant, son épouse et associée. Elle nuance toutefois : « Les piscines naturelles ne sont pas non plus 100 % écologiques. Nous utilisons du béton, des parpaings, et le liner armé est fabriqué à base de plastique. »
La différence fondamentale réside dans l'entretien : aucun produit chimique n'est utilisé. À la place, la filtration est assurée par des roseaux et autres végétaux aquatiques dotés d'un fort pouvoir racinaire, complétés par un filtre à tambour où sont introduites « des bonnes bactéries ».
Un système de lagunage innovant
Le bassin de filtration, ou lagunage, est séparé mais communique avec le bassin de baignade. « Nous créons un lagunage sec, c'est-à-dire que l'eau est réglée à un niveau assez bas, juste en dessous du gravier », précise Mylhène Escarmant. Cette méthode diffère du lagunage humide où les plantes sont complètement immergées.
L'entreprise collabore avec des terrassiers, des maçons et un étancheur pour réaliser ces installations. « Nous sommes souvent sollicités pour rénover des piscines existantes, mais nous pouvons aussi créer des bassins sur mesure », ajoute-t-elle.
Un investissement conséquent mais des avantages multiples
Le coût de construction d'une piscine naturelle démarre à 50 000 euros minimum, toutes tailles confondues. Il est possible d'y ajouter un système de chauffage de l'eau via une pompe à chaleur. Malgré ce prix élevé, la demande progresse régulièrement dans le sud de la Dordogne, entre Bergerac et Les Eyzies, où l'entreprise réalise habituellement un ou deux chantiers par an.
« Le motif écologique est important, mais les gens apprécient aussi de se baigner dans une eau qui ne pique pas les yeux et n'attaque pas la peau », souligne Mylhène Escarmant.
Un entretien simplifié et une biodiversité préservée
Contrairement aux piscines traditionnelles, ces bassins biologiques n'ont pas besoin d'être vidangés. Un remplisseur automatique compense l'évaporation naturelle. L'entretien se limite à :
- L'utilisation d'un robot pour nettoyer le fond
- La taille annuelle des végétaux à ras
Loin de ressembler à une mare stagnante, l'eau circule en permanence, ce qui n'attire pas particulièrement les moustiques. « En revanche, il y a de la vie : parfois des petits coquillages, voire des salamandres et des grenouilles qui trouvent l'eau à leur goût », conclut avec enthousiasme Mylhène Escarmant.
Cette approche innovante transforme ainsi le simple bassin de baignade en un écosystème vivant et respectueux de l'environnement, répondant aux défis climatiques actuels tout en offrant un cadre de baignade unique et sain.



