Municipales 2026 à Nîmes : l'association Un plus Bio met les pieds dans le plat
À quelques mois des élections municipales de 2026, l'association Un plus Bio, militante pour une alimentation plus saine et des cantines biologiques, interpelle vivement les candidats nîmois. Leur demande est claire : intégrer l'alimentation bio et locale comme une priorité absolue dans leurs programmes électoraux. Cette question cruciale touche à la fois à l'agriculture, à la santé publique et au développement économique territorial.
Un sujet encore trop marginal dans les débats
« Nous ne voulons absolument pas que l'alimentation soit reléguée au second plan. À Nîmes, ce thème essentiel n'est pas suffisamment mis en avant, malgré certains progrès notables », explique Inès Revuelta, animatrice-coordinatrice de l'association à Nîmes. Elle souligne par exemple que 50 % des menus servis dans les cantines scolaires sont déjà bios, dépassant ainsi largement l'objectif de 20 % fixé par la loi Egalim. Un bon point, mais insuffisant selon l'association.
Douze propositions concrètes pour « construire la cantine de demain »
Pour guider les élus et futurs élus, Un plus Bio a rédigé une tribune et soumis douze propositions ambitieuses articulées autour de quatre axes majeurs :
- La cantine : généraliser le bio et le local
- Le foncier : préserver les terres agricoles
- La santé : intégrer l'alimentation dans les politiques de prévention
- La gouvernance : associer tous les acteurs locaux
Parmi les idées phares, l'association propose notamment d'instaurer la cantine gratuite et 100 % bio, ainsi qu'une mesure innovante : « l'ordonnance verte ». Ce dispositif permettrait aux femmes enceintes de bénéficier d'un panier bio hebdomadaire, sur le modèle déjà expérimenté à Strasbourg et dans le Grand Angoulême, où il a représenté un investissement de 155 000 euros en 2025. « C'est un coût, certes, mais surtout un choix politique fort », insiste Inès Revuelta.
Un enjeu de santé publique qui dépasse les cantines scolaires
L'association rappelle avec force que l'alimentation biologique constitue un véritable enjeu de santé publique. « Il reste un énorme travail à accomplir concernant les repas servis dans les crèches, les Ehpad et les hôpitaux », alerte-t-elle. De plus, favoriser le bio dans les cantines crée une chaîne vertueuse : cela soutient les filières agricoles locales (légumes, fruits, viandes, œufs...) en leur offrant des débouchés stables et contribue ainsi au développement économique du territoire.
Optimiser les équipements et embarquer toute la collectivité
Un plus Bio suggère également d'optimiser l'utilisation des cantines, des équipements souvent « sous-utilisés, ouverts seulement 150 jours par an en moyenne ». « On pourrait imaginer les ouvrir pour des ateliers cuisine, des événements associatifs ou des formations. Il faut adopter une vision large pour embarquer l'ensemble des acteurs locaux », s'enthousiasme Inès Revuelta. Dès l'installation des nouveaux élus, l'association proposera à la municipalité de rejoindre son club des territoires, un réseau où les élus planchent ensemble sur les politiques alimentaires.
Pour Un plus Bio, l'alimentation ne doit pas être un simple sujet de campagne électorale, mais bien une priorité transversale pour l'ensemble du mandat municipal 2026-2032. Les candidats nîmois sont donc invités à passer à table et à prendre des engagements fermes pour garantir une alimentation saine, durable et accessible à tous les habitants, dès le plus jeune âge.



