Henri Bourgois : du pain bio au crayon, une retraite créative
Une image paisible et artistique nous était offerte par Henri de Montignargues, lors d'un après-midi ensoleillé du 8 avril. Le boulanger paysan, aujourd'hui retraité, était surpris en train de croquer avec habileté le chapiteau du Circo Paniko, assis dans l'herbe, pieds nus, son chien endormi à ses côtés.
Un artiste à la retraite
Le Circo Paniko avait présenté la veille une représentation riche en recherches artistiques, mêlant poésie et musique, qui avait enthousiasmé un public nombreux. Mais revenons à Henri, dont le parcours avait été mis en lumière il y a dix-sept ans dans les chroniques de Midi Libre à Brignon, en février 2009.
À l'époque, Henri Bourgois expliquait préférer le terme de paysan à celui d'agriculteur, car ce mot définissait mieux, selon lui, un enfant du pays profondément attaché à sa terre. Un voyage aux États-Unis lui avait révélé les méfaits des pesticides, le conduisant à se tourner vers la culture céréalière biologique.
Un engagement bio de longue date
De la farine issue de sa production de vieilles semences de blé, Henri fabriquait lui-même son pain bio, cuit au feu de bois, une technique apprise auprès de Michel Ley, considéré comme le premier paysan boulanger du Gard. Aujourd'hui, bien que retraité depuis quelques mois, la production de ce pain emblématique est assurée par sa compagne, Emmanuelle Gentil.
On retrouve toujours Henri sur le marché d'Uzès, où il vend son vin et son pain, tous deux certifiés biologiques. Cette présence régulière témoigne de son attachement continu à la vente directe et aux produits locaux.
Une transition vers l'art
La retraite a ouvert un nouveau chapitre pour Henri, lui permettant d'explorer sa passion pour le dessin. Cette activité artistique, capturée lors de sa séance de croquis du chapiteau du Circo Paniko, illustre une transition harmonieuse entre son métier de boulanger paysan et une vie plus tournée vers la création.
Son parcours, marqué par un engagement précoce pour l'agriculture biologique et la préservation des semences anciennes, continue d'inspirer. Henri incarne ainsi une figure locale qui allie tradition paysanne, innovation écologique et expression artistique, dans une région du Gard riche en initiatives durables.



