Mélanie et Fanny, l'engagement pour la fleur française et écoresponsable à Nîmes
Fleuristes écoresponsables : l'essor de la fleur française à Nîmes

Mélanie et Fanny, deux passionnées pour une fleur française et durable

Dans un contexte où environ 85% des fleurs utilisées en France sont importées de pays lointains comme le Kenya, l'Europe de l'Est ou l'Amérique du Sud, Mélanie Meslin, fleuriste récemment installée à Nîmes, et Fanny Pelette, floricultrice à Bez-et-Esparon dans les Cévennes, défendent une alternative locale et écoresponsable. Leur rencontre illustre un mouvement croissant en faveur de la fleur française, porté par des professionnels engagés.

Un parcours de reconversion vers la passion florale

Mélanie Meslin, membre du Collectif de la fleur française qui rassemble près de 700 acteurs, a découvert ce métier après diverses expériences professionnelles. "J'ai toujours aimé les fleurs, la beauté, la couleur, la création, mais je ne pensais pas en faire mon métier", confie-t-elle avec un sourire. Elle souligne l'impact positif du contact avec les plantes : "Toucher les fleurs rend heureux, comme jardiner, c'est prouvé scientifiquement !" De son côté, Fanny Pelette a quitté son poste d'infirmière en réanimation pour se consacrer à la floriculture depuis 2020, cultivant sur 2 500 m² des plantes aromatiques pour restaurants et une soixantaine de variétés de fleurs, telles que tulipes, cosmos, zinnias, bleuets et dahlias.

Une démarche écoresponsable ancrée dans le local

Pour ces deux jeunes femmes, produire localement et de manière biologique est une évidence, alignée avec un mode de vie durable. Mélanie explique : "Je cherche à réduire les déchets, ne pas utiliser de plastique, réutiliser l'eau, manger sain... Comme pour l'alimentation, il faut faire des bouquets de fleurs locales et de saison". Actuellement, elle propose par exemple des anémones du Gard ou des fleurs du Var. Fanny, qui vend ses bouquets sur le marché du Vigan, ajoute : "Les fleurs, c'est un peu comme un soin", mettant en lumière la dimension bien-être de leur activité.

La résilience d'une filière en restructuration

Elles rappellent que la tradition de la fleur française a été durement touchée par la concurrence des fleurs exportées par les Pays-Bas dans les années 1980. Cependant, la filière se restructure, avec une prise de conscience accrue des enjeux de développement durable. Mélanie insiste : "Il y a une prise de conscience des enjeux de développement durable", notant que les clients sont de plus en plus attentifs à la provenance des fleurs. Fanny observe : "Quand ils découvrent qu'elles viennent du jardin d'à côté, ils sont touchés". Les fleurs locales, moins soumises aux transports en avion et à la conservation en chambre froide, ont également une durée de vie plus longue.

Une activité florissante malgré les défis

Mélanie travaille ses bouquets dans son atelier floral à domicile, avec des commandes passées via les réseaux sociaux ou son site internet mêle-fleurs, et des retraits ou livraisons du jeudi au samedi. Interrogées sur la pertinence d'acheter des fleurs, elles répondent à l'unisson : "Oui, même des bouquets plus petits si on n'a pas trop les moyens. Les fleurs, ça peut paraître futile, mais c'est essentiel, un bouquet change l'atmosphère d'une maison". À l'approche de la Saint-Valentin, Mélanie proposera ses créations devant la Biocoop de Marguerittes, le vendredi 13 février 2026, de 15h à 19h, illustrant ainsi la vitalité de cette démarche écoresponsable.