L'usine de recyclage Valoregen de Damazan vendue aux enchères après sa liquidation
Ce mercredi 1er avril, l'usine spécialisée dans le recyclage du plastique Valoregen, située à Damazan, a ouvert ses portes aux visiteurs le matin avant la tenue d'une vente aux enchères l'après-midi. Des montagnes de déchets plastiques jonchaient toujours le sol des entrepôts, mais les lieux, inactifs depuis de longs mois, ont repris vie avec l'arrivée de curieux et d'acheteurs potentiels venus parfois de loin pour examiner les 23 machines exposées.
Une entreprise prometteuse tombée en liquidation
Fondée en 2019 par Thierry Pérez sur l'écoparc en bordure d'autoroute, Valoregen avait levé 17 millions d'euros pour son lancement, dont 6,5 millions d'aides de la Région et de l'État. Malgré ces investissements substantiels et le soutien de partenaires de renom comme le géant américain de la pétrochimie Dow, l'entreprise n'a jamais été rentable. Sa liquidation, prononcée en septembre 2025, a entraîné le licenciement de 48 employés.
Thierry Pérez a invoqué des « raisons exogènes » pour expliquer cette faillite, notamment un changement normatif au niveau européen qui aurait provoqué d'importants retards. L'entreprise, qui recyclait le plastique d'emballage via des procédés mécaniques pour produire des granules et chimiques pour obtenir de l'huile, n'a pas su surmonter ces obstacles.
Une vente aux enchères rapide et discrète
Bruno Decock, collaborateur de l'étude lilloise Mercier en charge de la vente, a souligné les défis du secteur : « Le plastique subit une vraie crise. Avec l'écologie, les projets autour du recyclage ont poussé comme des champignons. Mais techniquement, c'est un métier qui ne s'invente pas. Cela nécessite la maîtrise d'un matériel spécifique. »
Le commissaire-priseur, en duplex depuis Lille, a frappé le marteau au terme d'une vingtaine de minutes seulement. Les clients, essentiellement des industriels venus de France, d'Espagne et de Suisse, se sont déplacés jusqu'à Damazan pour évaluer les équipements.
Des machines pratiquement neuves cédées à bas prix
Les 23 machines exposées, comprenant un grappin télescopique, une centrale d'air comprimé, des pompes de circulation, une armoire électrique, des lignes de broyage, de tri et de lavage, ainsi que des silos, étaient évaluées individuellement entre 20 000 et 200 000 euros. Pratiquement neuves car ayant peu servi, elles ont finalement toutes été cédées à un seul acquéreur pour la somme modeste de 1,5 million d'euros.
Ce montant, bien inférieur à l'investissement initial de 17 millions d'euros, sera reversé aux créanciers de Valoregen. Cette vente marque la fin tragique d'une aventure industrielle qui illustre les difficultés persistantes du recyclage du plastique en France, malgré les ambitions écologiques affichées.



