« Soulèvements » : un film sensible sur la résistance écologiste
Le réalisateur Thomas Lacoste a présenté son film documentaire « Soulèvements », programmé par Ciné Cinéma dès ce mercredi 25 février. « Ce n’est pas un film pédagogique, ni une enquête journalistique. On est du côté du sensible », affirme le cinéaste, venu en avant-première le 21 janvier à Périgueux, en Dordogne, où l’œuvre sera diffusée au multiplexe CGR durant deux semaines.
Un collectif au cœur des luttes environnementales
Le documentaire est consacré aux Soulèvements de la Terre, un collectif créé en janvier 2021 à Notre-Dame-des-Landes, en Loire-Atlantique, qui s’oppose à des projets jugés dommageables pour l’environnement. En 2023, ses membres participent à la manifestation de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, contre la construction d’une mégabassine, un rassemblement marqué par de nombreux blessés dus aux violences des forces de l’ordre.
Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qualifie alors le groupe « d’éco-terroristes » et annonce sa dissolution. Cependant, le mouvement repart de plus belle et, finalement, le Conseil d’État casse la décision du ministre, validant ainsi la légitimité de leur action.
Le pari de portraits individuels
Thomas Lacoste entre en contact avec les militants et leur soumet son projet. « C’était un pari un peu fou. Présenter un mouvement collectif à partir d’individualités », explique-t-il. Le film dresse ainsi le portrait de 16 militants, une approche qui a nécessité de gagner leur confiance. « Pour eux, c’était assez compliqué de faire confiance à quelqu’un venu de l’extérieur », reconnaît le réalisateur, mais les barrières sont rapidement tombées.
Le tournage, réalisé en seulement dix-huit mois, a permis de capturer l’essence d’un mouvement intergénérationnel, très féminisé et largement réparti géographiquement. « On a affiné le voyage en présentant chaque fois une personne attachée à un territoire et à un savoir-faire spécifique », précise Thomas Lacoste. Des images d’archives en noir et blanc viennent compléter ces portraits, apportant une profondeur historique au récit.
Des actions multiples et ancrées dans le territoire
Le film explore la diversité des actions menées par le collectif, allant de la lutte contre le projet d’autoroute A69, entre Castres et Toulouse, à la défense d’un glacier de la Girose dans les Hautes-Alpes, en passant par la création de « greniers » pour préserver les cultures locales. Loin de se résumer à de simples slogans, ces initiatives témoignent d’un profond attachement à la terre et d’une économie de la résistance en construction.
« Ils sont en train de mettre en place une économie de la résistance et c’est très fort », souligne Thomas Lacoste. En cela, le documentaire change le regard porté sur les militants, offrant une vision nuancée et humaine de leur engagement.
Produit par Sister Productions, « Soulèvements » invite ainsi les spectateurs à découvrir les visages et les histoires derrière un mouvement écologiste qui continue de faire parler de lui, tant par ses actions que par les réactions politiques qu’il suscite.



