Saintes face à la facture salée des événements climatiques
La Ville de Saintes, en Charente-Maritime, dresse un bilan financier alarmant des conséquences des aléas climatiques sur son budget municipal. Entre 2020 et 2026, l'impact total est évalué à 2,167 millions d'euros, un montant qui illustre la vulnérabilité croissante de la commune face aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Les crues, un fardeau récurrent pour les finances locales
Victime de six épisodes de crue depuis 2021, dont trois survenus durant l'hiver 2023-2024, Saintes subit de plein fouet les conséquences de son urbanisation historique en zone inondable, sur la rive droite de la Charente. La récurrence et la durée de ces inondations sont décrites comme tout à fait inédites, mettant sous tension les ressources de la collectivité.
Le dernier épisode significatif, la crue de février 2026, a généré à lui seul 90 000 euros de coûts de fonctionnement. À cela s'ajoutent les dépenses liées à l'action sociale, avec le Centre communal d'action sociale mobilisé pour le relogement, l'aide alimentaire et l'accompagnement des sinistrés. Philippe Callaud, adjoint aux finances, estime ces frais à environ 100 000 euros, un chiffre encore provisoire car certaines personnes attendent toujours un hébergement définitif.
Une facture détaillée qui s'alourdit
La décomposition des coûts sur la période 2020-2026 révèle l'ampleur des investissements et des dépenses courantes :
- 271 000 euros pour les fournitures et équipements de crise (madriers, passerelles métalliques, etc.).
- 1,865 million d'euros consacrés aux travaux de voirie en 2021, essentiels pour réparer les infrastructures endommagées.
- 11 816 euros pour l'épisode de neige de début janvier 2026, inclus dans le total général.
Ces dépenses directes s'accompagnent également de pertes de recettes significatives. La crue de février 2026 a ainsi amputé les redevances d'occupation du domaine public de 4 100 euros, tandis que la billetterie des musées et de l'amphithéâtre accuse un manque à gagner estimé à 5 000 euros.
Des impacts culturels et patrimoniaux notables
Les conséquences ne sont pas uniquement financières. Le Musée archéologique, situé près de la place Bassompierre, a subi des dégâts lors des inondations, l'obligeant à fermer ses portes pendant les vacances de Pâques. Sa réouverture n'est prévue que pour le samedi 23 mai, à l'occasion du week-end de Pentecôte, privant ainsi les visiteurs et affectant l'attractivité touristique locale.
Cette situation souligne l'urgence pour Saintes de renforcer sa résilience face aux risques climatiques, alors que les épisodes extrêmes semblent se multiplier et peser de plus en plus lourd sur les finances publiques locales.



