Trois ans après Sainte-Soline, la lutte anti-bassines reste vive dans les mémoires militantes
Le 25 mars 2023, des milliers de manifestants convergèrent vers Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres, pour dénoncer l'accaparement des ressources en eau par l'agro-industrie. Cette journée de confrontation avec les forces de l'ordre, marquée par une grande violence, continue de résonner profondément dans les esprits des militants écologistes, trois années plus tard. Quatre d'entre eux ont accepté de partager leur témoignage exclusif avec le Nouvel Obs, révélant comment cet événement a transformé leur engagement.
Un souvenir indélébile pour les activistes
Installée au fond du Petit Bonheur, une cantine bio aux Lilas en Seine-Saint-Denis, Lucie* cherche ses mots pour décrire la scène. « On entendait des tirs tout le temps… Et puis, la fumée, les camions de CRS partout. Et toujours ce bruit, ce bruit continu… » Trois ans après, la manifestation contre la construction d'une retenue d'eau artificielle à Sainte-Soline l'habite encore intensément. À l'époque, cette jeune femme de 29 ans militait déjà auprès de Greenpeace, mais ses expériences de désobéissance civile se comptaient alors sur les doigts d'une main, préférant habituellement les marches pacifiques pour le climat.
De la peur à la détermination renforcée
Pour Lucie et de nombreux autres participants, Sainte-Soline a représenté un tournant. « Cette journée m'a plutôt donné la niaque », confie-t-elle, expliquant que la violence subie n'a fait que renforcer sa résolution à lutter contre les projets de mégabassines. Les militants soulignent que l'événement a catalysé une prise de conscience collective sur les enjeux de l'eau, transformant une protestation locale en un symbole national de la résistance écologiste. Les traces physiques et psychologiques laissées par les affrontements continuent d'alimenter leur mobilisation, avec des actions régulières pour dénoncer ce qu'ils perçoivent comme une privatisation des ressources hydriques.
Un impact durable sur le mouvement écologiste
Trois ans plus tard, la mémoire de Sainte-Soline reste un moteur pour les activistes. Ils décrivent comment cette manifestation a solidifié les réseaux de solidarité, inspiré de nouvelles formes de protestation et maintenu la pression sur les autorités concernant la gestion de l'eau. Les témoignages recueillis révèlent un engagement profondément marqué par l'expérience, avec des militants qui ont intégré les leçons de cette journée dans leurs stratégies actuelles. La lutte contre les bassines, initialement centrée sur les Deux-Sèvres, s'est étendue à d'autres régions, devenant un enjeu central pour la défense des biens communs et la promotion d'une agriculture durable.
En définitive, Sainte-Soline n'est pas qu'un souvenir douloureux ; c'est un événement fondateur qui continue de façonner l'activisme environnemental contemporain, rappelant que la bataille pour l'eau reste plus actuelle que jamais.



