Inondations à Millau : les riverains du Tarn et de la Dourbie interpellent les candidats municipaux
Riverains du Tarn et Dourbie interpellent candidats municipaux

« Nous ne voulons plus être les oubliés des inondations » : l'appel urgent des riverains du Tarn et de la Dourbie

À quelques jours des élections municipales, l'association des riverains du Tarn et de la Dourbie brise un silence devenu insupportable. Dans la région de Millau, en Aveyron, un quart de la population vit en zone inondable, un chiffre qui alerte alors que les crues historiques, comme celle de 1982, restent gravées dans les mémoires.

Une culture du risque qui s'effrite face à l'inaction politique

Pour Didier Martinez et André Mas, respectivement président et vice-président de l'association, la situation est critique. La culture du risque s'effrite, les promesses politiques s'évaporent, et les solutions concrètes peinent à émerger. Fondée au lendemain des inondations dévastatrices de 1982, l'organisation dénonce aujourd'hui un manque criant de transmission entre les générations et une inertie administrative paralysante.

« Les anciens se souviennent, mais les jeunes générations ? Personne ne leur explique », regrette André Mas. « Quand on demande à toucher un caillou dans la rivière, il faut trois ans pour avoir une réponse. Les dossiers traînent, les interlocuteurs changent, et les promesses s'envolent. »

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Un questionnaire aux candidats pour des réponses concrètes

Face à cette urgence, l'association a décidé d'interpeller directement les prétendants à la mairie de Millau. Un questionnaire a été envoyé, exigeant des positions claires sur plusieurs points essentiels :

  • Le renforcement des mesures de prévention des inondations
  • L'application effective du fonds Barnier (Fonds de Prévention des Risques Naturels Majeurs)
  • L'arrêt immédiat des constructions en zones inondables
  • L'organisation de concertations régulières avec les communes impactées

« On veut que les 25% de Millavais concernés par le risque inondation sachent où en sont les candidats sur ces questions », insiste Didier Martinez. « On ne prend pas position, mais on veut que les 7 500 personnes concernées sachent qui les défend vraiment. »

Des réponses encourageantes mais une frustration palpable

Si les trois candidats ont répondu au questionnaire, la satisfaction n'est pas au rendez-vous. L'association, qui représente environ 5 000 habitants, déplore le manque d'engagement concret et la persistance d'une certaine forme de déni.

« On nous dit qu'on est alarmistes, mais ceux qui ont vécu 1982 savent de quoi ils parlent », rappelle Didier Martinez avec amertume. « Aujourd'hui, les nouveaux arrivants ignorent souvent les risques. Les notaires glissent l'information en vitesse, les promoteurs construisent au bord de l'eau… et après, on s'étonne des drames. »

Le fonds Barnier : un outil sous-utilisé ?

L'association questionne également l'utilisation du fonds Barnier, créé en 1995 pour financer des travaux de réduction de la vulnérabilité face aux catastrophes naturelles. « Le fonds Barnier, c'est notre argent à tous. Où passe-t-il ? Pourquoi ne protège-t-il pas mieux ceux qui en ont besoin ? », s'interroge Didier Martinez.

Ce mécanisme, destiné aux collectivités territoriales, aux petites entreprises et aux particuliers, semble loin de remplir pleinement sa mission dans la région, selon les riverains.

Un appel au sursaut politique avant qu'il ne soit trop tard

Combatifs mais inquiets, les responsables de l'association ne baissent pas les bras. Ils réclament une véritable prise de conscience politique et des actions préventives immédiates.

« On ne veut plus de discours après la catastrophe. On veut des actes avant », martèle Didier Martinez. « Avant, on se réunissait tous les trimestres avec les maires des communes impactées. Aujourd'hui, on nous promet des réunions deux fois par an… si on a de la chance. »

Le message est clair : la prévention ne peut plus attendre. « On ne demande pas la lune, conclut Martinez. Juste qu'on nous écoute. Et qu'on agisse. Avant qu'il ne soit trop tard. »

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Alors que les élections municipales approchent, l'association des riverains du Tarn et de la Dourbie espère que son cri d'alarme sera enfin entendu, et que la sécurité des milliers d'habitants vivant en zone inondable devienne enfin une priorité politique tangible.