Le rap se mobilise contre l'extrême droite à l'approche des scrutins municipaux
À quelques semaines des élections municipales, le média rap Grünt lance une tournée de concerts militants à travers toute la France avec un objectif clair : rassembler les forces culturelles contre la montée de l'extrême droite. La première étape de cette initiative s'est déroulée avec succès ce vendredi 13 février au Bien public, le nouveau lieu culturel situé sur la rive droite bordelaise dans le quartier Belvédère.
Une soirée mêlant performances artistiques et prises de parole engagées
« Je suis venu chercher de l'espoir, je l'ai trouvé ici », a répété avec insistance Jean Morel, fondateur du média rap Grünt, devant une foule conquise et réceptive à son message. La soirée a habilement combiné performances musicales et interventions politiques, créant un espace d'expression unique pour les acteurs culturels de la région.
Sur scène, des rappeurs émergents tels que GAL, Tisma, Ledouble, Toothpick et Zinée ont interprété leurs titres avec une énergie communicative. Ces prestations ont été entrecoupées de prises de parole par des représentants d'associations, de salles indépendantes et d'intermittents du spectacle, tous unis par une même défiance envers l'extrême droite et ses projets politiques.
Les craintes du milieu culturel face à l'extrême droite
Parmi les intervenants, Patrick Duval, directeur du Rocher de Palmer à Cenon, a pris la parole entre deux titres pour exprimer ses préoccupations : « Au Rocher, on programme ce qu'on appelle des musiques du monde, nourries du patrimoine des personnes issues de l'immigration. Donc on représente tout ce que l'extrême droite déteste. »
Les différents discours des acteurs culturels locaux ont convergé vers une inquiétude commune : la possible baisse des subventions publiques si le Rassemblement national venait à remporter les élections municipales dans certaines villes. Cette perspective menace directement la vitalité et la diversité de la scène culturelle française.
Le rap, toujours en première ligne des combats politiques ?
La question de l'engagement politique du rap contemporain a naturellement émergé durant la soirée. Marius, un étudiant présent dans le public, a partagé son analyse : « Les artistes que j'écoutais il y a dix ans étaient plus engagés contre le Front national, à l'époque. Aujourd'hui, certains noms continuent le combat mais ils sont moins nombreux. »
Jean Morel, le fondateur de Grünt, conteste cette vision : « On entend souvent que le rap n'est plus politique, pour moi c'est faux. C'est un des derniers espaces qui s'érige foncièrement contre le RN. Des artistes comme Ino Casablanca continuent d'incarner cela. »
La tournée de Grünt s'inscrit donc dans une double démarche : à la fois promouvoir les nouvelles voix du rap français et maintenir vivant l'esprit de résistance culturelle face aux idéologies d'extrême droite. Les prochaines étapes de cette initiative seront scrutées avec attention par un milieu culturel conscient des enjeux politiques des prochaines échéances électorales.



