Le collectif écologiste de Pézenas monte au créneau devant le Conseil d'État
Dans une décision rendue le 23 février, le juge administratif de Montpellier a rejeté le référé-suspension déposé par le collectif "Pour un autre projet Saint-Christol". Cette procédure visait à stopper immédiatement les travaux de terrassement sur la plaine Saint-Christol, à Pézenas. Face à ce revers, le collectif n'a pas baissé les bras.
Un recours déposé pour éviter des "dégâts irréversibles"
Après consultation de son avocate, Me Alice Terrasse, spécialiste du droit de l'environnement, et d'un confrère œuvrant au Conseil d'État, le collectif a finalement décidé de contester cette ordonnance. Un recours a été formellement déposé ce lundi 9 mars.
Patrick Delbac, co-président du collectif, explique cette démarche : "On s'est bien évidemment dit que l'on pouvait attendre la décision sur le fond du tribunal, qui devrait être rendue à l'automne. Mais si la Semop Saint-Christol lance vraiment les travaux ce printemps ou cet été, ceux-ci risquent de causer des dégâts irréversibles à la biodiversité."
Un projet controversé sur des terres à haut risque
Le collectif met en avant plusieurs arguments pour justifier son opposition farouche :
- Un risque d'inondation majeur sur ces 24 hectares situés aux portes de Pézenas.
- La menace pour 39 espèces protégées recensées par le Conseil national de protection de la nature, qui a d'ailleurs émis un avis défavorable au projet.
- La destruction de terres arables au profit d'une urbanisation jugée inappropriée.
Le collectif dénonce ce qu'il qualifie de "saccage écologique" potentiel, estimant que la juridiction administrative n'a pas suffisamment pris en compte l'urgence environnementale dans sa décision.
Une alternative : revitaliser le centre-ville
Au-delà des considérations écologiques, l'association avance un argument urbanistique de poids. Selon ses membres, "la poursuite du projet d'urbanisation de Saint-Christol serait la poursuite de l'abandon du centre-ville et de ses nombreux logements vides, convertibles en logements privés et sociaux."
Cette position contraste avec l'argumentaire de la juridiction administrative, qui s'appuie principalement sur la forte demande de logements sociaux dans la cité de Molière. Le collectif reste peu convaincu par cette approche, qu'il juge incomplète car elle ne statue pas sur l'urgence écologique.
Une procédure accélérée devant la plus haute juridiction
Il est important de noter que la décision du juge des référés étant rendue en dernier ressort, il n'est pas possible d'en faire appel. La seule voie de recours possible est donc un recours en cassation devant le Conseil d'État, qui doit être formé dans les 15 jours suivant la notification de l'ordonnance.
Le collectif espère maintenant une réponse rapide de la part du Conseil d'État, conscient que chaque jour compte face à l'éventuel démarrage des travaux de terrassement. L'enjeu est de taille : préserver un écosystème fragile tout en proposant une vision alternative du développement urbain de Pézenas.
Cette affaire illustre parfaitement les tensions croissantes entre développement urbain et protection de l'environnement, particulièrement dans les zones périurbaines où les pressions foncières sont fortes. Le verdict du Conseil d'État sera donc attendu avec une attention particulière par tous les acteurs concernés.



