Un projet écologique pour la Garonne présenté il y a quarante-deux ans
Il y a quarante-deux ans, le ministre de l'environnement et de la qualité de la vie, Michel d'Ornano, se rendait à Agen en Lot-et-Garonne pour dévoiler un ambitieux plan de dix ans visant à domestiquer la Garonne et à la rendre propre. Ce projet, présenté devant trois cents élus riverains de Toulouse à Bordeaux, répondait à l'urgence de protéger les populations des crues dévastatrices et de lutter contre la pollution, plutôt que de transformer le fleuve en une voie navigable à fort impact économique.
Domestiquer le fleuve et le dépolluer
Le plan de Michel d'Ornano se concentrait sur deux axes majeurs : la maîtrise des inondations et l'assainissement des eaux. Les villes de Toulouse, Agen et Bordeaux, particulièrement exposées aux risques, ont reçu l'assurance d'un soutien financier pour protéger les zones inondables. Parallèlement, un effort massif de dépollution était engagé, avec un financement étatique pouvant atteindre 80 % pour la construction de stations d'épuration et de collecteurs d'égouts dans les grandes agglomérations.
Le projet prévoyait également la création de réserves d'eau pour irriguer 37 000 hectares supplémentaires dans le « verger de la France », ainsi que la fin de l'extraction industrielle de gravier dans le lit mineur du fleuve. Une charte devait encadrer l'exploitation des carrières hors des rives, préservant ainsi l'équilibre écologique de la Garonne.
Un budget conséquent et des ambitions réalistes
Le coût total des travaux était estimé à environ trois milliards de francs, dont la moitié apportée par l'État. Michel d'Ornano a insisté sur la nécessité d'une gestion locale, rejetant la création d'une compagnie d'aménagement dédiée. « Ne rêvons pas », a-t-il déclaré, soulignant que chaque collectivité locale devait prendre en charge les dossiers du projet.
Contrairement à d'autres fleuves comme le Rhône, la Garonne ne devait pas devenir une artère économique majeure. Le ministre a préféré mettre l'accent sur la préservation de l'environnement, avec pour objectif de faire de la Garonne « la plus jolie des rivières de France » dans dix ans.
Des rumeurs nucléaires dissipées
Lors de la présentation, Michel d'Ornano et Jean François-Poncet, président du Conseil général du Lot-et-Garonne, ont fermement démenti les rumeurs d'une implantation de centrale nucléaire près d'Aiguillon ou Port-Sainte-Marie. « C'est une rumeur dénuée de tout fondement », ont-ils affirmé, appelant à ne pas inquiéter inutilement les populations.
Ce plan, bien que modeste dans ses ambitions économiques, représentait une avancée significative pour la protection de la Garonne, mettant en lumière les défis environnementaux auxquels le fleuve était confronté il y a plus de quatre décennies.



