Le combat d'un Gardois pour sauver la Méditerranée du plastique
"La présence de déchets plastiques y est inimaginable !" Ces mots forts sont ceux de Nicolas Costa, un Gardois de 54 ans qui consacre sa vie à la préservation de la Méditerranée. Habitant de Parignargues près de Nîmes, ce passionné de nature a fondé l'association Cap Oceans en 2013 avec un objectif clair : lutter contre la pollution plastique qui étouffe cette mer, pourtant surnommée la Grande Bleue.
Du coureur blessé au nageur engagé
Responsable pédagogique en CFA dans le Gard, Nicolas Costa était avant tout un coureur passionné. Un accident de moto en 2011 a brutalement mis fin à cette passion, ses genoux ne supportant plus les chocs de la course. "Sensible à la protection de l'environnement, c'est à cette époque que je me suis tourné vers la nage en eaux libres", explique-t-il. Cette reconversion l'a mené à un défi extraordinaire en 2013 : la traversée en relais de la Méditerranée entre la Corse et Cassis.
Le choc de la traversée
Cette expérience a marqué un tournant dans la vie du sportif. "La Méditerranée n'est pas pour rien surnommée la mer la plus polluée du monde", dénonce Nicolas Costa avec émotion. Il décrit un spectacle aussi beau que terrifiant : "La nuit, à la surface de l'eau, les microplanctons phosphorescents brillent comme des paillettes. Tandis que la journée, les microparticules de plastique sur lesquelles se reflète le soleil font de même !" Ce constat l'a profondément traumatisé et déterminé à agir.
Cap Oceans : sensibiliser et ramasser
Dans la foulée de son exploit, Nicolas Costa a créé Cap Oceans. L'association ne se contente pas d'organiser des collectes de déchets sur les plages et le littoral. Elle mène également un important travail de sensibilisation auprès des entreprises, dans les écoles, et lors d'événements sportifs comme le Nîmes Urban Trail ou la Veni Vici dans le Gard.
"Si je ne cours plus, l'univers de la course ne m'a néanmoins jamais quitté", confie Nicolas. "Les runners sont d'ailleurs des gens sensibles à la cause environnementale. Et sont donc réceptifs à notre message : il y a urgence à enrayer la pollution plastique !"
Une action qui remonte aux sources
L'action de Cap Oceans ne se limite pas au bord de mer. Régulièrement, l'association étend son champ d'action aux abords des rivières. "Parce que la protection de la mer, elle se joue en amont via la préservation de la pollution de l'ensemble des cours d'eau et de leurs rives", explique Nicolas Costa avec conviction. Cette approche globale est essentielle pour traiter le problème à sa source.
Projets d'avenir et nouvelle traversée
Le nageur gardois ne compte pas s'arrêter là. Prochainement, il s'élancera dans une nouvelle traversée de la Méditerranée pour relier le Cap Corse à Nice. Cette aventure servira de base à un documentaire sur la pollution marine, permettant de toucher un public encore plus large.
En parallèle, Cap Oceans pilote un projet innovant de "bac à marée" en partenariat avec des écoles de Vauvert, Saint-Gilles et du Grau-du-Roi. Ce dispositif pourrait un jour permettre, dans la station balnéaire gardoise, de collecter les déchets plastiques ramenés sur le rivage par la houle en vue de leur recyclage.
Le combat de Nicolas Costa et de Cap Oceans montre que la préservation de la Méditerranée passe par une action concertée : ramassage des déchets, sensibilisation du public, et projets innovants pour un avenir plus propre. Un message d'espoir et d'engagement qui résonne particulièrement dans le Gard et au-delà.



