Matthieu Juncker, huit mois seul sur un atoll pour alerter sur la disparition des coraux
Matthieu Juncker, huit mois seul sur un atoll pour alerter sur les coraux

Une vue aérienne saisissante de l'atoll isolé où Matthieu Juncker a vécu pendant huit mois, prise le 17 janvier 2025, révèle son embarcation discrètement ancrée au large. Ce biologiste marin, dont l'expertise dans le Pacifique s'étend sur plus de deux décennies, a choisi en avril 2024 de s'installer sur un îlot désert de l'archipel des Tuamotu, en Polynésie française.

Une immersion totale dans un écosystème menacé

Depuis sa cabane rudimentaire construite de ses mains, Matthieu Juncker a patiemment observé la faune locale et les pressions croissantes qui pèsent sur elle. Son séjour solitaire, marqué par une connexion profonde avec l'environnement, a donné naissance à un projet cinématographique intitulé Seul sur l'atoll, journal d'un naufragé volontaire. Ce documentaire, qui retrace son aventure unique, sera diffusé au printemps prochain sur France 5, offrant au public un témoignage poignant sur la fragilité des écosystèmes marins.

Un déclic face à l'urgence climatique

Interrogé sur les motivations de cette retraite volontaire, Matthieu Juncker explique avoir cherché à « changer de trajectoire ». Il révèle que le déclic est survenu il y a six ans, à la lecture des rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). « Je vois sortir des chiffres disant qu'à plus de 2 °C de réchauffement, 99 % des récifs coralliens auront disparu », confie-t-il. Bien qu'il fût déjà conscient de cette menace, ces données ont provoqué un choc profond.

Malgré une carrière consacrée à la durabilité des ressources marines, incluant des observations environnementales et des recommandations, le biologiste a ressenti une dissonance croissante. « Je me suis dit, “toi t'es sur ton fauteuil, t'as un bon salaire, plein de missions…” J'avais beau être du “bon côté”, ça ne suffisait pas », admet-il. Cette prise de conscience l'a poussé à quitter son confort pour une immersion radicale, visant à alerter sur l'extinction imminente des coraux et à inspirer une action plus déterminée.