Des milliers de manifestants défilent pour les solidarités contre fascisme et racisme
Ce samedi, à la veille du premier tour des élections municipales, des milliers de personnes se sont rassemblées dans toute la France pour défendre les solidarités. Leurs revendications étaient multiples et englobaient la lutte contre le fascisme, le racisme, les violences policières ainsi que la guerre au Moyen-Orient.
Des cortèges imposants dans plusieurs grandes villes
À Lyon, un cortège imposant est parti de la place Bellecour, trois semaines après une marche qui avait rendu hommage à Quentin Deranque, militant d'extrême droite radicale décédé après une agression par des membres de l'ultragauche. Matthieu, un maçon de 24 ans, présent dans le défilé lyonnais, a déclaré : « Si on ne montre pas qu'on est là, les fascistes vont se permettre de plus en plus de choses. » Il a également critiqué la minute de silence observée pour Quentin Deranque à l'Assemblée nationale, affirmant : « C'est pas normal qu'il y ait une minute de silence pour un nazi et des saluts nazis en bas de chez moi. »
À Marseille, selon la préfecture de police, 2.450 personnes se sont réunies. Sarah Talmite, 28 ans, a expliqué sa présence : « J'avais envie d'exprimer ma colère. Pour moi, le fascisme, c'est un ensemble de maintiens de pouvoir contre des minorités, les personnes LGBT, les précaires, les racisés. Le discours fasciste est de plus en plus normalisé. » Dans ce cortège, de nombreux drapeaux libanais et palestiniens flottaient aux côtés de ceux de partis de gauche.
Une marche organisée par des associations et collectifs
À Paris, des milliers de personnes de tous âges se sont retrouvées place de la Nation pour se diriger vers la place de la République. Cette « Marche des solidarités » a été organisée à l'appel d'associations et de collectifs défendant les étrangers et luttant contre le racisme ou les violences policières. De nombreux drapeaux et slogans évoquaient également la guerre au Moyen-Orient et la cause palestinienne.
Martine Hennequin, 68 ans, présente dans le cortège parisien, a estimé : « Pour moi, la France et l'international, c'est lié. Le contexte est de plus en plus inquiétant, chaque action militaire renforce l'inquiétude. » Ce rassemblement réunissait des associations d'horizons très divers, comme Greenpeace, Attac, le syndicat étudiant Fage ou d'autres fondées par des proches de personnes décédées lors d'interpellations policières.
Plus de 80 rassemblements dans le pays
Quelque 85 rassemblements étaient annoncés dans toute la France pour cette journée, à la veille d'élections municipales très incertaines. Selon les chiffres rapportés :
- À Toulouse, environ 2.000 manifestants selon l'AFP.
- À Bordeaux, 1.350 personnes selon la préfecture.
- À Lille, 650 personnes selon la préfecture.
Sasha, 17 ans, qui regrette de ne pas avoir l'âge de voter, est « venue pour repousser l'extrême droite qui est en train de monter » et protester contre « les génocides qui ont lieu en ce moment ». Pour Emilie, institutrice de 42 ans, cette marche n'est pas forcément une réaction à celle de fin février, mais elle souligne : « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours. »
Henry Marianne, 67 ans, présent à Marseille, a abondé : « On est ici contre le fascisme, en France et ailleurs », tout en jugeant « très important d'aller voter » dimanche. Ces manifestations illustrent une mobilisation citoyenne forte dans un contexte électoral tendu, où les questions de solidarité et de lutte contre les discriminations restent au cœur des préoccupations.



