Manifestation massive contre la loi Duplomb : 200 organisations dénoncent un système mortifère
Manifestation contre la loi Duplomb : 200 organisations mobilisées

Une mobilisation d'ampleur contre la loi Duplomb

Mercredi, une foule imposante s'est rassemblée près de l'Assemblée nationale à Paris, sur la place des Invalides, pour exprimer son opposition ferme à la loi Duplomb. Cette manifestation, qui a réuni des centaines de personnes, intervient juste avant un débat parlementaire crucial sur ce texte législatif controversé. Les pancartes brandies par les protestataires portaient des messages percutants tels que « Arrêtez de polluer, on peut plus soigner » ou « Les pesticides tuent », reflétant l'inquiétude profonde des participants.

Un rassemblement organisé par plus de 200 organisations

L'événement a été convoqué par une coalition impressionnante de plus de deux cents organisations, représentant un large spectre de la société civile. Parmi les groupes présents, on comptait Greenpeace, le collectif Nourrir, la Confédération paysanne (le troisième syndicat agricole en importance), la Fédération nationale de l'agriculture biologique (Fnab), ainsi que diverses associations de victimes de cancer et des étudiants d'AgroParisTech. Tous ont uni leurs voix pour dénoncer ce qu'ils qualifient de « système mortifère ».

Les revendications des manifestants

Les organisations mobilisées critiquent vivement la loi Duplomb, accusée de faciliter l'agrandissement des élevages intensifs et la construction de retenues d'eau, tout en promouvant l'usage des pesticides. Cette mobilisation fait suite à une année entière de protestations en 2025, culminant avec une pétition qui a recueilli plus de deux millions de signatures. En août, le Conseil constitutionnel a censuré la mesure principale du texte, à savoir la réintroduction de l'acétamipride, un pesticide néonicotinoïde nocif pour la biodiversité, interdit en France mais autorisé ailleurs en Europe jusqu'en 2033.

La persistance du sénateur Duplomb

Malgré cette censure, le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb n'a pas abandonné son projet. Il a déposé une nouvelle proposition de loi visant à autoriser à nouveau ce produit controversé. Parallèlement, le gouvernement travaille sur une loi dite « d'urgence agricole », destinée à apaiser la colère des agriculteurs après les tensions des derniers mois. Ce texte devrait s'aligner sur les demandes de la FNSEA, le premier syndicat agricole, concernant la gestion de l'eau, la prédation et les moyens de production, incluant potentiellement les pesticides.

Les prises de parole emblématiques

Lors de la manifestation, Sandy Olivar Calvo de Greenpeace a déclaré : « Avec les 2 millions de signataires de cette mobilisation d'ampleur, nous nous sommes soulevés face à toutes ces attaques, face à celles et ceux qui votent des lois qui nous empoisonnent, qui contaminent nos sols, notre eau et qui accélèrent la chute du monde paysan par l'agrandissement des exploitations ». Elle a ajouté que « la loi Duplomb n'est que la partie émergée de l'iceberg ».

Fanny Métrat, porte-parole de la Confédération paysanne, a lancé un appel poignant : « Nous paysans et paysannes, on ne veut pas faire partie de ce système qui tue ». Elle a également exigé la démission de la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, qui avait soutenu la loi Duplomb, soulignant ainsi les tensions persistantes entre le gouvernement et les défenseurs d'une agriculture plus durable.

Un débat qui dépasse le cadre législatif

Cette manifestation met en lumière un conflit profond sur l'avenir de l'agriculture française. D'un côté, des partisans d'une intensification soutenue par des produits chimiques et des structures agrandies ; de l'autre, une coalition croissante qui prône une transition vers des pratiques plus respectueuses de l'environnement et de la santé publique. Le débat sur la loi Duplomb sert ainsi de catalyseur à une réflexion plus large sur les modèles agricoles et leurs impacts sociétaux.