La chaleur n'a pas refroidi les militants de L214. Ce samedi, des dizaines d'entre eux ont envahi les rayons du plus grand hypermarché Carrefour de France, situé en Seine-et-Marne, pour dénoncer le « recours massif à l'élevage intensif ». L'association de défense des animaux utilisés comme ressources alimentaires a mené cette action surprise à 10 heures dans l'hypermarché de Villiers-en-Bière, près de Melun.
Des portraits d'animaux dans les rayons
Marine Le Tallec, porte-parole de l'association âgée de 27 ans, jointe par l'AFP, a rapporté qu'une centaine de portraits d'animaux ont été brandis solennellement dans les rayons de viande et charcuterie. Parmi eux, on pouvait voir « un cochon mutilé dès sa naissance » ou « un lapin enfermé à vie ». L214 assure que ces photos ont été prises lors de ses enquêtes « dans des élevages approvisionnant directement Carrefour ou des marques vendues par l'enseigne ».
Diviser de moitié le nombre d'animaux tués
L'association entendait dénoncer « la mise à mort de plus de 100 millions d'animaux par an » pour les approvisionnements de Carrefour. Pendant l'épisode de canicule en France, Marine Le Tallec a appelé à « ne pas oublier les animaux dans les élevages intensifs, tels les poulets qui supportent mal la chaleur et peuvent mourir par dizaines de milliers ». Elle a argumenté que « diviser de moitié le nombre d'animaux tués permettrait de réduire de 35 % les gaz à effet de serre, mesure prioritaire pour lutter contre le réchauffement climatique ».
La directrice de L214, Brigitte Gothiere, 53 ans, a affirmé à l'AFP que « dans cet hypermarché immense, il y a un rayon jambon qui fait une dizaine de mètres, avec l'impression d'un très grand choix, alors que 95 % des cochons sont élevés de la même façon, sans aucun accès à l'extérieur, sur les sols ajourés (caillebotis), les truies enfermées dans des cases où les petits tètent à travers les barreaux ».
Carrefour se défend mais se dit prêt à s'améliorer
Cette action n'est pas isolée : selon l'association, des bénévoles « se mobilisent également devant une trentaine de magasins Carrefour partout en France ». LyonMag rapporte ainsi ce samedi une action à Villeurbanne, tandis qu'une autre a été recensée à Lattes (Hérault) par Hérault Tribune.
Sollicité en réaction, Carrefour a déclaré que « le combat pour le bien-être animal est essentiel pour mieux nourrir les Français mais ne doit pas servir de cheval de Troie pour diaboliser l'élevage ou imposer brutalement la fin de la viande à des millions de citoyens, comme nous le demande L214 ».
Deuxième distributeur français derrière E.Leclerc, le groupe a regretté d'avoir été ciblé par l'association, faisant par exemple valoir « l'affichage du score AEBEA (Association étiquette bien-être animal) sur son offre de poulet Carrefour ». Le distributeur s'est cependant dit « prêt à construire un plan global d'amélioration » avec l'association, assurant avoir déjà, « comme lui demandait L214, calculé son ratio de protéines végétales qui représente plus du tiers de ses ventes aujourd'hui ».



