Le gouvernement cible la Jeune Garde après un drame mortel à Lyon
Le groupe antifasciste la Jeune Garde, dernière formation d'une mouvance en pleine effervescence, est désormais dans le collimateur du gouvernement. Le ministre de l'intérieur, Laurent Nuñez, a officiellement engagé une procédure de dissolution contre cette organisation, l'accusant d'être responsable de la mort tragique de Quentin Deranque, un étudiant et militant d'extrême droite identitaire âgé de 23 ans.
Un homicide volontaire en marge d'une conférence politique
Les faits remontent au samedi 14 février 2025, lorsque Quentin Deranque a succombé à ses blessures suite à une violente bagarre de rue survenue deux jours plus tôt. Cet incident s'est produit en marge d'une conférence organisée à l'Institut d'études politiques de Lyon, où intervenait l'eurodéputée Rima Hassan, membre de La France insoumise (LFI).
Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a précisé lors d'un point presse tenu le lundi 16 février que la victime avait été frappée par au moins six individus masqués et encagoulés, dont l'identité reste à ce jour inconnue. Face à la gravité des faits, l'enquête a été requalifiée en homicide volontaire, marquant une escalade significative dans les investigations.
Les déclarations accablantes des ministres
Sur France 2, le dimanche suivant les événements, Laurent Nuñez a souligné avec insistance la responsabilité présumée de la Jeune Garde dans ce drame. « L'enquête permettra de confirmer ou pas si c'étaient des militants de la Jeune Garde. Mais les témoignages vont en ce sens, manifestement », a-t-il affirmé, laissant peu de place au doute quant aux orientations des investigations.
De son côté, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a adopté un ton encore plus tranchant en déclarant sans ambages que « c'est manifestement l'ultragauche qui a tué » le jeune Quentin Deranque. Ces accusations directes illustrent la volonté du gouvernement de durcir le ton face aux groupes radicaux, qu'ils soient d'extrême droite ou d'ultragauche.
Une mobilisation en soutien à la Jeune Garde
En réaction à cette procédure de dissolution, des manifestations de soutien ont rapidement émergé à Lyon. Le 6 mai 2025, des sympathisants se sont rassemblés pour défendre la Jeune Garde, dénonçant une instrumentalisation politique du drame et une répression ciblée contre les mouvements antifascistes.
Cette affaire met en lumière les tensions croissantes entre différents courants politiques extrêmes en France, avec des conséquences parfois dramatiques. Alors que l'enquête se poursuit pour identifier les auteurs des coups mortels, le débat sur la dissolution des groupes jugés violents s'intensifie, posant des questions cruciales sur la liberté d'association et la sécurité publique.



