Un sketch abandonné et un héritage persistant
Je me souviens avoir écrit un sketch pour mon spectacle Crise de foi sur la mort du fondateur du Hamas, Cheikh Yassine, abattu en 2004 par l'armée israélienne. L'opération d'« élimination ciblée » opposait des hélicoptères de combat armés de missiles à un fauteuil roulant. Un duel inégal dont l'issue ne devait rien au hasard et tout à l'hypothèse robuste qu'un missile se déplace visiblement plus vite qu'un vieillard tétraplégique, aveugle, en fauteuil roulant.
J'avais lu ce sketch à un ami connaissant les mouvances islamistes en France. Il m'avait expliqué que le collectif Cheikh Yassine – aujourd'hui dissous – était composé d'individus dont on ne savait pas dire s'ils étaient plus dangereux que crétins ou l'inverse. La balance coût-bénéfice du sketch ne plaidant pas en faveur de l'obstination, j'avais décidé de le remiser, sans vraiment savoir comment s'exprimait la violence de ces crétins.
La dissolution et l'essaimage des activités
La suite le dira puisque, comme souvent après une dissolution, le collectif Cheikh Yassine a essaimé ses activités. En décembre 2008, on reconnaît Omar Alsoumi – proche du collectif – manifestant devant le Bataclan contre une soirée de levée de fonds supposément destinée à l'armée israélienne. Il menaçait la direction du théâtre au nom de ceux qui se sentent « blessés » par l'organisation d'un « gala contre l'islam et les musulmans ».
En 2024, Alsoumi lancera des appels à l'Intifada dans les rues de Paris et des projectiles en direction du collectif de femmes Nous vivrons, à l'occasion des marches du 8 mars.
Le parcours « remarquable » d'Abdelhakim Sefrioui
De son côté, le parcours du fondateur du collectif Cheikh Yassine – Abdelhakim Sefrioui – est également « remarquable ». Après s'être impliqué dans les manifestations pour défendre le port du voile à l'école, on le retrouve dans le bureau de campagne de Dieudonné pour la présidentielle et à l'Union des organisations islamiques de France.
Puis, il crée le Comité sur le génocide en Palestine en 2005, c'est-à-dire bien avant que ces accusations ne deviennent le mantra quasi religieux de toute l'extrême gauche mondiale.
Le mode opératoire lâche des activistes
C'est en 2020 que le mode opératoire de ces activistes apparaît dans toute sa lâcheté. Sefrioui organise avec Brahim Chnina – père d'une gamine supposément traumatisée par un cours de Samuel Paty auquel elle n'a pas assisté – une campagne de diffamation contre le professeur au nom de son « islamophobie » supposée.
Après dix jours de mobilisation, l'opération orchestrée par ces deux chantres de l'islam victimaire aboutit à la décapitation du professeur d'histoire-géographie. Comparativement, il aura fallu dix ans à ceux qui ont orchestré le procès en « islamophobie » contre Charlie Hebdo pour obtenir un résultat comparable !
Une condamnation qui n'arrête pas l'activisme
On aurait pu imaginer que la confirmation par la cour d'assises d'appel spéciale de Paris de la peine prononcée contre le fondateur du collectif Cheikh Yassine en France – quinze ans de réclusion criminelle – viendrait mettre un terme à l'activité militante de ces empaffés.
Eh bien pas du tout. Elle continue encore et encore. Par la bouche du sinistre Vuillemin, avocat du prédicateur qui a décidé de se pourvoyer en cassation, venu nous expliquer benoîtement que cette « condamnation était en réalité la condamnation de toute la communauté musulmane française par une justice discriminatoire qui cible cette population en particulier ».
Ce qui, pour le coup, est une remarque d'un racisme confondant envers les musulmans de France. Ils ne sauraient être associés de près ou de loin à ces fieffés salopards, quel que soit l'état des opinions qui traversent cette communauté au sujet de la liberté d'expression et du blasphème en particulier.



