Des militants de Greenpeace sèment le trouble au sommet nucléaire de Paris
Ce mardi 10 mars 2026, le deuxième sommet international sur le nucléaire civil organisé à Paris a été marqué par une action coup de poing de militants écologistes. Alors qu'Emmanuel Macron s'adressait aux représentants des États participants, deux activistes de Greenpeace ont interrompu la séance en déployant une banderole accusatrice portant l'inscription en anglais "nuclear power fuels Russia's war" (l'énergie nucléaire alimente la guerre de la Russie).
Une intervention directe sur la dépendance énergétique
Les militants ont profité de leur présence au cœur de l'événement pour interpeller directement les participants sur les liens problématiques entre l'industrie nucléaire européenne et la Russie. "Pourquoi continue-t-on d'acheter de l'uranium à la Russie ?" ont-ils lancé à plusieurs reprises, pointant du doigt la dépendance énergétique persistante de l'Europe vis-à-vis de Moscou. La sécurité est rapidement intervenue pour évacuer les perturbateurs, mais leur message a résonné dans la salle.
Les tensions autour de la relance nucléaire française
Cette manifestation éclair illustre parfaitement les tensions croissantes qui entourent la relance du nucléaire civil prônée avec force par la France. Alors qu'Emmanuel Macron défend cette énergie comme une solution d'avenir pour la souveraineté énergétique et la transition écologique, les organisations environnementales comme Greenpeace dénoncent les contradictions géopolitiques d'un secteur encore largement tributaire des approvisionnements russes.
Le contexte de guerre en Ukraine rend cette dépendance particulièrement sensible et problématique. Les militants ont souligné que chaque achat d'uranium russe contribue indirectement au financement du conflit, créant une situation éthiquement intenable pour les pays européens qui condamnent par ailleurs l'invasion de l'Ukraine.
Un débat qui dépasse le cadre technique
Cette action de Greenpeace dépasse le simple cadre de la protestation environnementale pour toucher à des questions fondamentales de politique étrangère et de souveraineté énergétique. Les questions soulevées par les militants concernent :
- La cohérence des politiques énergétiques européennes
- Les alternatives possibles aux approvisionnements russes
- L'impact géopolitique des choix énergétiques
- La transparence sur les flux d'uranium vers la Russie
Alors que la France cherche à positionner le nucléaire comme une énergie d'avenir, cet incident rappelle que les défis ne sont pas seulement techniques ou économiques, mais aussi profondément politiques et éthiques. La rapidité avec laquelle la sécurité a évacué les militants n'a fait que souligner l'embarras des organisateurs face à ces questions légitimes mais inconfortables.



