Greenpeace bloque un cargo russe à Dunkerque, soupçonné de transporter de l'uranium
Greenpeace bloque un cargo russe à Dunkerque pour l'uranium

Action spectaculaire de Greenpeace contre un cargo suspecté de transporter de l'uranium russe

Dans une opération coup de poing menée ce lundi à l'aube, des militants de Greenpeace ont bloqué le cargo Mikhail Dudin dans le port de Dunkerque, dans le Nord. L'organisation non gouvernementale soupçonne le navire d'être chargé d'uranium en provenance de Russie, destiné au marché nucléaire français. Le blocage a débuté à 04h10 et se poursuivait toujours à 08h, confirmé par les forces de police présentes sur les lieux.

Une vingtaine de militants mobilisés avec des moyens d'action variés

Une vingtaine d'activistes de Greenpeace ont participé à cette action. Certains se sont enchaînés aux deux portes d'accès de l'écluse, tandis que d'autres ont pris position à bord de kayaks pour empêcher toute manœuvre du cargo. Les manifestants ont déployé une grande banderole sur laquelle on pouvait lire « Uranium : EDF aime Poutine » – avec un cœur remplaçant le mot « aime » – ainsi que « Stop aux contrats toxiques ». Les kayakistes brandissaient quant à eux de petits panneaux affichant « Solidarity with Ukrainians ».

Une dénonciation persistante des liens nucléaires franco-russes

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, Greenpeace dénonce régulièrement la poursuite des contrats entre l'industrie nucléaire française et la Russie via son géant public Rosatom. L'ONG considère cette collaboration comme une faille dans les sanctions européennes imposées à Moscou. « Ce commerce qui alimente indirectement la guerre de Poutine doit cesser », a martelé Pauline Boyer, chargée de campagne sur le nucléaire pour Greenpeace France, dans un communiqué publié lundi.

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Des allers-retours fréquents entre la France et la Russie

Les données ouvertes de navigation consultées par l'AFP sur Global Fishing Watch révèlent que depuis le 24 février 2022, le Mikhail Dudin a effectué plus de 20 allers-retours entre Dunkerque et les ports russes de Vistino, Oust-Louga et Saint-Pétersbourg. Un autre cargo, le Baltiyskiy-202, qui aurait également transporté de l'uranium entre les deux pays selon Greenpeace, a réalisé plus de 15 voyages sur la même période. Ces deux navires naviguent sous pavillon panaméen et appartiennent à des entreprises enregistrées à Hong Kong, selon le registre de l'Organisation maritime internationale.

Des importations françaises d'uranium russe qui persistent

En 2025, la France a importé au moins 112 tonnes d'uranium enrichi et ses composés depuis la Russie, représentant un quart de ses achats en volume. Ce niveau est stable par rapport à 2024, selon les données des douanes françaises analysées par l'AFP. Cependant, ces importations ont nettement baissé entre 2022 et 2024, montrant une évolution contrastée des échanges commerciaux dans ce secteur stratégique.

Greenpeace affirme avoir observé « à de nombreuses reprises » le déchargement en France d'uranium enrichi russe ou d'uranium naturel depuis le Mikhail Dudin. « Qu'y a-t-il dedans aujourd'hui ? Seuls Orano, EDF et/ou Framatome le savent pour l'instant. Face à l'opacité de ce trafic, la lumière sur ce commerce doit être faite », a insisté Pauline Boyer, soulignant le manque de transparence entourant ces transactions.

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