Le projet de ferme aquacole Pure Salmon obtient un avis favorable sous conditions
Le rapport d'enquête publique tant attendu concernant le projet de ferme à saumons Pure Salmon au Verdon-sur-Mer a finalement été publié ce mardi 24 mars. Ce document de plus de 200 pages, qui synthétise les débats menés par le président Patrice Ader entre le 15 décembre 2025 et le 19 janvier 2026, donne le feu vert au projet, bien que sous certaines conditions strictes. Les conclusions des commissaires enquêteurs apportent un éclairage détaillé sur quatre aspects majeurs de cette controverse environnementale et économique.
Une consultation publique perturbée par le contexte électoral
Le rapport souligne avec insistance que les antagonismes profonds entre partisans et opposants du projet ont considérablement entravé le déroulement d'une consultation publique sereine et véritable. Malgré un volume exceptionnel de contributions, atteignant près de 23 000 participations, le climat général de l'enquête est décrit comme parfois délétère, en grande partie attribuable au contexte préélectoral des municipales.
Ce contexte a cristallisé les oppositions de manière significative, avec des contestations organisées qui ont dissuadé Pure Salmon de poursuivre ses présentations publiques. La circulation de contrevérités et la remise en cause de la légitimité des élus siégeant à la communauté de communes Médoc Atlantique ont compliqué davantage le processus. Mener à bien des réunions de présentation et de consultation du public relevait de la gageure, pointe explicitement le rapport, illustrant les difficultés rencontrées.
Absence d'impact sur les ressources en eau potable
Sur le plan environnemental, les commissaires enquêteurs apportent des clarifications cruciales concernant l'utilisation de l'eau. Ils affirment clairement que l'eau circulant dans le circuit de la ferme, estimée à 200 000 mètres cubes, n'est pas celle consommée par les habitants du Verdon. Cette eau provient spécifiquement de la nappe du plio-quaternaire, alimentée par l'eau saumâtre de l'estuaire, contrairement à l'eau potable qui provient de la nappe de l'éocène de Vensac.
De plus, le risque de salinisation de la nappe de Vensac est considéré comme évacué par les experts consultés. Le rapport critique sévèrement l'avis précédent de la commission locale de l'eau (CLE), le qualifiant d'incohérent et contenant de multiples erreurs de raisonnement, renforçant ainsi la position favorable au projet sur cet aspect technique.
Gestion des antibiotiques et bien-être animal
Concernant les préoccupations liées à l'emploi d'antibiotiques dans la pisciculture, le rapport apporte des assurances significatives. Pure Salmon s'engage à éviter la chimie systématique grâce à un système d'élevage en circuit fermé, jugé plus protecteur que l'élevage traditionnel en mer. Cette approche repose sur la désinfection du milieu et la vaccination des poissons, réduisant ainsi considérablement le recours aux antibiotiques.
Plus généralement, la démarche du projet est qualifiée de raisonnée et respectueuse, conformément aux critères stricts du label ASC dont le WWF est membre fondateur. Cette reconnaissance institutionnelle renforce la crédibilité environnementale du projet, malgré les critiques initiales.
Retombées économiques substantielles pour le territoire
Sur le plan économique, le projet promet des retombées considérables pour la région. Pure Salmon annonce la création de 250 emplois directs, couvrant un large spectre de qualifications du non-qualifié au bac +5, avec 70% de ces postes destinés à être occupés par des Médocains. Cela représente une estimation de 12 millions d'euros annuels de retombées économiques pour le territoire.
Les commissaires enquêteurs soulignent que ces investissements arrivent à un moment critique pour d'autres activités économiques locales, notamment celles liées à la viticulture. Ils soutiennent que la montée en puissance de Pure Salmon permettra de maintenir, voire de développer les autres activités économiques, contribuant ainsi à revitaliser le Nord-Médoc de manière significative.



