La première édition des Enhanced Games, compétition où le dopage est autorisé et médicalement encadré, se déroule ce dimanche à Las Vegas. Elle réunit des nageurs, sprinteurs et haltérophiles ayant quitté le sport traditionnel, lequel dénonce ces "Jeux du dopage". Perçue comme une exploration des limites humaines par certains et comme un cirque dangereux par d'autres, cette compétition suscite la controverse depuis l'annonce du projet en 2023 par l'homme d'affaires australien Aron D'Souza, dont l'entreprise est entrée en bourse début mai.
Un cadre financier et sportif distinct
Ce dimanche, 42 athlètes (29 hommes et 13 femmes) participent à ces "Jeux améliorés" dans un casino de Las Vegas devant 2 500 spectateurs. Au programme : athlétisme (100 m), natation (nage libre, papillon) et haltérophilie (arraché, épaulé-jeté, soulevé de terre). Tout record du monde battu, bien que non homologué, rapportera un million de dollars au vainqueur, chaque vainqueur recevant 250 000 dollars.
Le sprinteur Mouhamadou Fall, seul Français participant, suspendu pour dopage, a déclaré : "Les Enhanced Games offrent une opportunité financière bien supérieure à l'athlétisme traditionnel. J'ai signé un contrat de plusieurs années, motivé par les primes et curieux des performances, rassuré par les garanties sanitaires." Il courra le 100 m aux côtés de l'Américain Fred Kerley, médaillé de bronze olympique à Paris 2024 et également suspendu pour dopage.
Les participants, dont le Britannique Ben Proud, vice-champion olympique du 50 m nage libre, ont suivi un protocole médical avec stéroïdes anabolisants, testostérone ou hormones de croissance. Le nageur irlandais Max McCusker a affirmé : "Les résultats sont fous, je nage plus vite qu'avant les Jeux 2024. Des records vont tomber. Le sport propre n'existe pas, les gens veulent des chronos affolants et des corps impressionnants."
Soutien d'hommes d'affaires influents
La compétition bénéficie du soutien de figures de la tech comme le milliardaire libertarien Peter Thiel et Donald Trump Jr. La Fédération internationale de natation a interdit tout retour aux participants, et le président de la Fédération internationale d'athlétisme Sebastian Coe a qualifié l'événement de "foutaises". L'Agence mondiale antidopage le juge "dangereux" et "irresponsable".
Les organisateurs, qui vendent également des produits à base de testostérone, assurent que seuls des produits approuvés par l'agence américaine des médicaments ont été utilisés, sous contrôle médical indépendant. Mouhamadou Fall estime : "C'est de la science, pas du n'importe quoi. Commercialement, ils ont intérêt à être prudents." Le professeur Ian Boardley, spécialiste du dopage à l'Université de Birmingham, avertit que les athlètes "se mettent en danger" avec des risques cardiaques, hépatiques ou rénaux. Aucun diffuseur traditionnel n'a accepté de retransmettre l'événement, diffusé en direct sur YouTube et la plateforme Roku.



