César 2026 : Un collectif dénonce la nomination d'un film exploitant un ours dressé
César : un collectif contre l'exploitation d'animaux sauvages au cinéma

César 2026 : La polémique sur l'exploitation animale éclate

Un collectif de défenseurs des animaux élève une voix unanime pour protester contre la nomination aux César du film "Un Ours dans le Jura", réalisé par Franck Dubosc et Sarah Kaminsky. Ce long-métrage, en lice dans la catégorie "Meilleur scénario original" pour la 51e cérémonie, a imposé un tournage avec l'ours Valentin, un animal dressé. Les signataires rappellent avec force qu'on ne peut simultanément se prétendre défenseur des animaux et être complice de leurs souffrances.

L'Académie des César ferme les yeux sur des pratiques controversées

Le fait que Gaumont et le réalisateur Franck Dubosc aient choisi d'exploiter à l'écran l'ours Valentin, même pour quelques secondes, ne semble avoir suscité aucune inquiétude au sein de l'Académie des César. Cette situation interroge : combien de temps encore allons-nous honorer des films qui bafouent la condition animale ? En 2021, le Parlement a légiféré pour protéger les animaux non domestiques de l'exploitation dans les spectacles itinérants, notamment les montreurs d'ours. Pourtant, nombre de ces animaux subissent des contraintes similaires lors de tournages cinématographiques, un domaine où le gouvernement a décidé de fermer les yeux, créant ainsi une injustice flagrante.

La triste histoire de l'ours Valentin, symbole d'une exploitation persistante

L'ours Valentin a été asservi pendant des années dans des fêtes médiévales, avant que la loi n'interdise cette pratique. Malheureusement, ses épreuves se poursuivent dans le milieu du cinéma. Sa vie de captivité, rythmée par des séances de dressage, a servi des productions comme le film "Y'a pas de réseau", la publicité Krisprolls ou encore des clips musicaux, notamment un clip de Wejdene. Cette réalité est jugée inacceptable par les défenseurs des animaux.

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Il est essentiel de rappeler que les ours, qu'ils soient nés en captivité ou non, sont des animaux sauvages aux besoins très spécifiques. À l'état naturel, ils évoluent dans des milieux complexes comme les forêts et les montagnes, apprécient la baignade dans les rivières, et ont besoin d'hiverner. Aujourd'hui encore, des ours comme Valentin ou Shadow, maintenus en captivité, sont régulièrement utilisés pour des tournages, que ce soit pour le cinéma, la publicité, les clips musicaux ou des séances photo.

Un appel à un cinéma éthique et respectueux

Le collectif proclame avec conviction qu'aucun divertissement ne peut justifier l'emprisonnement et le dressage d'animaux sauvages. Un animal sauvage, libre ou non, a par définition de nombreux besoins : territoire, environnement complexe, comportements naturels, dépenses physiques et relations sociales. Il est impossible de satisfaire ces besoins en captivité. On ne peut défendre la cause animale tout en alimentant la privation de liberté de ces êtres.

Toute personne sensible à la cause animale se réjouit de la fin de l'exploitation d'animaux non domestiques dans les spectacles itinérants, car il est évident que les singes, les fauves ou les perroquets ne sont pas des clowns. Mais il ne faut pas oublier qu'ils ne sont pas des acteurs non plus ! Même lorsque des films portent un message apparent en faveur des animaux, comme ceux du réalisateur Gilles de Maistre ("Le Dernier Jaguar", "Moon le panda"), on ne peut ignorer ce qu'ils impliquent pour les animaux réels qui y apparaissent.

Heureusement, des techniques variées existent aujourd'hui pour représenter des animaux à l'écran sans les exploiter. Il est temps d'en profiter pour raconter de belles histoires qui favorisent l'empathie et la considération pour les animaux.

Un code de conduite pour un cinéma responsable

L'objectif n'est pas de contraindre la liberté de création, mais de souligner l'incohérence à être à la fois défenseur des animaux et complice de leurs souffrances. Le monde du cinéma doit écouter les attentes sociétales, dont la condition animale fait partie intégrante. Créer un malaise chez le public en utilisant des animaux sauvages dressés, ne serait-ce que pour quelques minutes à l'écran, nuit à l'image d'une œuvre cinématographique.

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Le recours au dressage animalier est préjudiciable pour l'image d'un film et de son équipe, y compris les partenaires financiers comme les grands groupes de télévision TF1, Canal+ ou M6. En 2024, France Télévisions a pris une décision historique en modifiant son code de conduite pour encourager les productions à ne pas faire appel à de véritables animaux sur les tournages. Cette initiative ouvre la voie à un cinéma éthique et mérite d'être saluée.

Les organisations de protection animale demandent aux sociétés de production de prendre au sérieux la condition animale en finançant uniquement des œuvres qui ne font pas appel à des dresseurs d'animaux sauvages. Les grands événements comme les César devraient également intégrer ce critère dans leurs choix de récompenses. Le septième art a tout à gagner à cesser d'être complice de la souffrance animale, et les films n'en seront que plus beaux.

Signataires : Muriel Arnal (One Voice), Christophe Coret (AVES France), Christine Grandjean (C'est Assez !), Stéphane Lamart (association Stéphane Lamart), Julien Nibes (Free Life association), Anissa Putois (PETA France), Amandine Sanvisens (PAZ).