Le crapaudrome d'Hourtin : une initiative écologique pour sauver les amphibiens
Crapaudrome d'Hourtin : un dispositif pour protéger les amphibiens

Le crapaudrome d'Hourtin : un refuge pour les amphibiens en péril

Dans la région d'Hourtin, un dispositif ingénieux et écologique a été mis en place depuis janvier 2019 pour protéger les amphibiens lors de leur période de reproduction. Le crapaudrome, long de 550 mètres, s'étend entre la forêt domaniale et la lagune, offrant un passage sécurisé aux crapauds, grenouilles et autres espèces vulnérables.

Un système simple et efficace

Bernard Devaux, technicien forestier à l'Office National des Forêts (ONF), est le maître d'œuvre de cette initiative. Chaque matin, il parcourt les 40 seaux enterrés le long du filet, récupérant les amphibiens piégés pour les relâcher en toute sécurité de l'autre côté de la route. « Le système est très simple. Le crapaud vient taper sur le filet en venant de la forêt et tombe dans un des seaux. Le matin, on fait le tour et on les fait traverser », explique-t-il.

L'idée lui est venue après avoir constaté un nombre alarmant de crapauds écrasés sur la route. « Un matin, j'ai compté jusqu'à 360 individus morts. Il fallait agir rapidement », se souvient Bernard Devaux. Avec des moyens modestes, comme des sacs de pomme de terre recyclés, il a créé ce crapaudrome qui s'est avéré remarquablement efficace.

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Une biodiversité riche mais menacée

Le crapaudrome n'accueille pas uniquement des crapauds, qui représentent 98% des prises. On y trouve également des grenouilles agiles, des tritons marbrés et palmés, et même une salamandre reconnaissable à ses taches uniques. Cependant, des espèces non désirées, comme des rongeurs ou des hérissons, peuvent aussi se retrouver piégées. Pour éviter cela, une branche est placée dans chaque seau, permettant aux petits mammifères de s'échapper.

Malgré les succès initiaux, Bernard Devaux observe une baisse inquiétante des populations d'amphibiens depuis deux ans. « En 2019, j'ai fait traverser 2 000 bêtes. En 2021, ce chiffre est monté à 5 000, mais depuis, il décroît », note-t-il. En 2022, seulement 2 000 amphibiens ont été déplacés, et cette année, les comptes sont encore plus bas.

Les défis climatiques et environnementaux

Le changement climatique semble jouer un rôle crucial dans ce déclin. « Depuis deux ans, on a un climat très inquiétant pour les amphibiens. On a très peu de précipitations, or, ils aiment beaucoup ça. En plus, on a des températures élevées en journée et des gelées la nuit », détaille Bernard Devaux. La prolifération de prédateurs pourrait également expliquer cette diminution, bien que cette hypothèse nécessite encore des études approfondies.

Sensibilisation et éducation du public

Au-delà de sa fonction protectrice, le crapaudrome sert de outil pédagogique. Chaque année, entre 300 et 500 personnes participent à des visites guidées, où elles peuvent aider à relever les seaux et en apprendre davantage sur l'écosystème local. « C'est une chouette balade qui permet aux gens de se connecter à la nature », souligne Bernard Devaux. Ces visites, organisées en semaine à partir de 8h30 et les week-ends à partir de 9h30, contribuent à renforcer la conscience environnementale dans la communauté.

En somme, le crapaudrome d'Hourtin illustre parfaitement comment une action locale et simple peut avoir un impact significatif sur la préservation de la biodiversité. Face aux défis climatiques croissants, de telles initiatives deviennent plus que jamais essentielles pour protéger nos écosystèmes fragiles.

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