Bordeaux lance un dispositif innovant contre le harcèlement dans les transports
Dans le cadre de la lutte contre le harcèlement de rue, Bordeaux Métropole a inauguré, jeudi 17 février, le dispositif « Demandez Angela » au sein de son réseau de tramway. Cette initiative vise à offrir une aide discrète aux victimes et témoins de violences sexuelles et sexistes.
Des bornes d'appel d'urgence installées en phase de test
Six bornes ont été déployées dans deux stations clés : deux à la station Victoire et quatre à la station Porte de Bourgogne, couvrant ainsi les quatre lignes du tramway bordelais. Dix rames ont également été équipées. Ces bornes, signalées par des marquages roses au sol, permettent aux personnes en détresse d'utiliser le code « Demandez Angela » pour obtenir une assistance immédiate.
Lors de la démonstration, Béatrice de François, vice-présidente de Bordeaux Métropole en charge des transports, a rencontré quelques difficultés techniques, rapidement minimisées par Pierrick Poirier, directeur général de Keolis Bordeaux Métropole. Il a souligné que le dispositif, encore en test, avait fonctionné correctement lors des essais précédents.
Une réponse rapide et coordonnée
Concrètement, appuyer sur le bouton d'une borne connecte l'utilisateur au poste de commandement information voyageur de TBM. Des agents de sûreté, présents en permanence sur le terrain, s'engagent à intervenir en moins de huit minutes. Ils peuvent porter assistance, par exemple en conduisant la victime vers un lieu sûr, mais la maîtrise d'un agresseur relève de la police.
Cette extension aux transports répond à un besoin criant. Selon Pierre Hurmic, maire de Bordeaux, les violences dans les transports ont triplé entre 2012 et 2020, passant de 139 à 390 faits rapportés. Ces chiffres, qui ne reflètent qu'une partie de la réalité, motivent Bordeaux à se positionner comme ville pionnière dans ce combat.
Un dispositif déjà éprouvé dans la ville
« Demandez Angela » n'est pas nouveau à Bordeaux. Depuis juin dernier, 25 établissements partenaires, comme des bars ou des restaurants, arborent un autocollant violet indiquant qu'ils sont des lieux sûrs. Les victimes peuvent y trouver refuge et bénéficier de l'aide d'un personnel formé.
La phase de test dans les transports durera trois mois. Si elle s'avère concluante, le dispositif pourrait être étendu à l'ensemble du réseau métropolitain, qui compte 3 300 arrêts de bus et 130 stations de tramway. D'autres villes pourraient suivre cet exemple, faisant de Bordeaux un modèle en matière de sécurité dans les espaces publics.



