Bordeaux tourne la page de l'écologie avec le retour de la lumière nocturne
Dès son élection dimanche soir, Thomas Cazenave a annoncé que sa première mesure symbolique serait de « rallumer la lumière la nuit à Bordeaux ». Son prédécesseur, l'écologiste Pierre Hurmic, avait en effet décidé durant son mandat une extinction de l'éclairage public sur 57% de la ville entre 1 heure et 5 heures du matin, afin de réaliser des économies et réduire la pollution lumineuse.
Face à la polémique suscitée par cette mesure, Pierre Hurmic était finalement revenu partiellement sur cette décision, en prolongeant l'éclairage dans toute la ville jusqu'à 2h30, et toute la nuit sur certains axes principaux. « Insuffisant » avait estimé durant la campagne Thomas Cazenave, qui va donc revenir à un allumage intégral de toute la ville, marquant ainsi une rupture nette avec la politique environnementale de son prédécesseur.
Le retour du sapin traditionnel sur la place Pey-Berland
Sur TV7, le candidat Renaissance soutenu par LR, le Modem et Horizons, a également annoncé qu'il y aurait à nouveau un (vrai) sapin de Noël sur la place Pey-Berland. Pierre Hurmic avait créé la polémique en décidant de supprimer le grand sapin de Noël traditionnel, pour le remplacer par une œuvre artistique, un sapin en verre, qui fait l'objet depuis lundi d'une fausse annonce humoristique sur Le Bon Coin, où il a été mis en vente pour 136.000 euros.
Ces deux gestes symboliques marquent le changement de politique à la mairie de Bordeaux, mais derrière ces annonces médiatiques, quelles sont les principales promesses de campagne de Thomas Cazenave ? Le candidat avait détaillé ses mesures à 20 Minutes lors d'une rencontre à sa permanence, le 26 février dernier. Voici ce qu'il faut en retenir de son programme pour Bordeaux.
Les transports : priorité au tramway et au RER girondin
Thomas Cazenave, qui sera candidat à la présidence de la métropole - où se jouent les grands enjeux de transport - a « très vite écarté la solution du métro », car la situation financière de la métropole est critique selon lui. « Nous n'avons pas 3 à 4 milliards d'euros à mettre sur ce moyen de transport », explique-t-il.
En revanche, il souhaite investir en faveur du tramway, « qui aujourd'hui n'est pas satisfaisant ». « La mise en place de nouvelles lignes s'est faite de manière très difficile. Il y a un problème de fréquence et de disponibilité des rames… Ma responsabilité sera de préparer le tramway nouvelle génération, avec plus de rames, des rames plus longues, et une fiabilité renforcée. »
Par ailleurs, « il faut continuer à développer le RER girondin, qui est une vraie alternative aux grands problèmes de déplacement en voiture aujourd'hui. Si des villes de l'aire urbaine de Bordeaux - Langon, Lesparre, La Réole… - sont bien desservies par un moyen de transport cadencé, alors nous pourrons aménager différemment notre territoire ».
L'économie : attirer de nouvelles entreprises
L'ancien ministre des Comptes publics estime que « face à une double crise de la viticulture et du logement à Bordeaux, il faut une politique d'attractivité économique ». C'est pourquoi il veut lancer le programme « Je choisis Bordeaux » pour attirer de nouvelles entreprises.
« Si on croit à la réindustrialisation, à la souveraineté, on a besoin d'implanter des éléments industriels, économiques, technologiques, comme le projet EMME [projet d'usine de traitement du nickel et du cobalt pour les batteries de voitures électriques, envisagé en bord de Garonne sur la commune de Parempuyre] qui, sinon, se fera dans d'autres pays, qui n'ont pas du tout les mêmes normes environnementales que les nôtres ».
La sécurité : thème central de la campagne
Cela a été la thématique centrale durant la campagne des municipales. « La situation a changé à Bordeaux, il faut prendre le problème à bras-le-corps », a martelé le candidat Renaissance. Il veut une brigade de police municipale de nuit, plus de policiers municipaux, avec quatre antennes de la police : une du côté des Capucins, une à Caudéran, une au Grand-Parc, une sur la rive droite.
Il souhaite également « armer toute la police municipale, pas juste cinquante agents ». Enfin, il entend créer « une caserne de la police municipale pour offrir des solutions de logement à celles et ceux qui voudraient venir travailler à Bordeaux ».
Le logement : relancer l'offre
Thomas Cazenave veut relancer la politique de l'offre. « Nous voulons réinvestir dans le centre de Bordeaux, où l'on a des dizaines de milliers de mètres carrés de bureaux inoccupés, pour cela nous allons autoriser les propriétaires à transformer ces bureaux, ce qui doit permettre de remettre 1.000 logements sur le marché ».
Il souhaite également « simplifier les processus pour sortir plus rapidement des opérations immobilières ». Enfin, il entend « agir à Bordeaux Nord, un territoire où l'on peut sortir demain du logement abordable, notamment à la Jallère, autour du Parc des Expositions, du stade… »
L'environnement : réutilisation de l'eau et rénovation des écoles
L'élu veut faire de Bordeaux « la première ville en matière de réutilisation de l'eau, pour tous les usages : l'arrosage, le nettoyage… On veut accompagner les Bordelaises et les Bordelais à réutiliser l'eau pluviale, pour réduire la consommation d'eau potable ».
Deuxième priorité environnementale, « la rénovation énergétique de nos écoles, qui ont fermé l'été dernier car il faisait trop chaud ». Une mesure qui contraste avec le retour de l'éclairage nocturne intégral, mais qui montre que l'environnement reste une préoccupation, même si elle s'exprime différemment que sous le mandat précédent.



