Une bombe désamorcée chez un ingénieur de l'Andra, revendiquée par des opposants au projet Cigéo
Une bombe a été désamorcée au domicile d'un ingénieur de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), a déclaré lundi 16 février le maire de la commune. Cette action a été revendiquée par des opposants au grand projet d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure dans la Meuse.
L'engin découvert dans le jardin de l'ingénieur
L'engin a été désamorcé vendredi près d'un cabanon de jardin appartenant à l'ingénieur dans la commune de Liffol-le-Grand dans les Vosges, a précisé le maire Cyril Vidot, confirmant une information du journal L'Est républicain. Le parquet d'Épinal a immédiatement ouvert une enquête, comme l'a indiqué le procureur de la ville Frédéric Nahon.
"Les investigations menées par la brigade de recherches de Neufchâteau se poursuivent pour identifier le ou les auteurs et leurs mobiles", a-t-il ajouté, soulignant la gravité des faits.
Une revendication sur un site anarchiste
Une revendication a été publiée sur le site anarchiste infoLibertaire.net, évoquant "une bombe de faible intensité, un dispositif incendiaire qui provoque l'explosion d'une ou plusieurs cartouches de gaz". Le texte assure que cette action "n'a mis personne en danger" mais qualifie l'ingénieur visé de "mafieux du nucléaire".
La cible est présentée comme l'un des responsables du projet Cigéo d'enfouissement de déchets nucléaires hautement radioactifs sur le site de Bure, un projet qui suscite de vives oppositions depuis des années.
Réactions indignées et plainte déposée
Le maire Cyril Vidot a dénoncé fermement cet acte : "C'est inacceptable. On ne peut pas s'en prendre à l'entourage, à la famille". L'ingénieur ciblé a porté plainte, et l'Andra a annoncé qu'elle déposerait plainte également dans la journée, selon les déclarations du directeur industriel de l'agence nationale, Patrice Torres.
Dans un courriel adressé aux médias, la coordination d'opposants Stop Cigéo a tenu à rappeler lundi qu'elle "n'a jamais cautionné et ne cautionnera jamais l'atteinte ou les tentatives d'atteinte aux personnes", marquant ainsi une distance avec les méthodes violentes.
Le projet Cigéo, un sujet de tension permanente
Lancé en 1991, le projet Cigéo a fait l'objet d'une reconnaissance d'utilité publique en 2022. Il prévoit d'accueillir au moins 83 000 m³ de déchets hautement radioactifs à 500 mètres dans le sous-sol argileux de Bure d'ici à 2035-2040.
Les oppositions restent vives, comme en témoigne la manifestation de septembre dernier où entre 700 et 2 000 personnes se sont rassemblées sur place contre le projet, sous haute surveillance policière. Cet incident illustre les tensions persistantes autour de ce dossier sensible qui mêle enjeux environnementaux, sécuritaires et sociétaux.



