Beynac : l'Association pour la sauvegarde de la vallée reste mobilisée sur plusieurs fronts
Beynac : l'association de sauvegarde mobilisée sur plusieurs fronts

L'Association pour la sauvegarde de la vallée de Beynac maintient sa vigilance sur plusieurs dossiers

Si l'année 2025 a été marquée par une victoire judiciaire pour les opposants à la déviation de Beynac, en Périgord noir, avec l'annulation du second projet de contournement, l'année 2026 n'est pas pour autant synonyme de repos pour l'Association pour la sauvegarde de la vallée de Beynac (ASVD). Alors que la cour administrative d'appel (CAA) doit se prononcer en fin d'année à l'initiative du Département et de l'État, les membres de cette structure, qui compte une centaine d'adhérents, restent mobilisés sur plusieurs fronts essentiels pour la protection de leur territoire.

Le dossier épineux des astreintes

La cour administrative d'appel s'est déjà prononcée à deux reprises, en juillet 2023 et en avril 2024, liquidant les astreintes à hauteur de 489 000 euros, puis 1 163 000 euros. Depuis ces décisions, le compteur continue de tourner inexorablement. À raison de 5 000 euros par jour, l'association a chiffré les nouvelles astreintes dues pour la non remise en état du site à plus de 3 580 000 euros. Cette somme colossale sera contestée par le Département et fera l'objet d'un nouveau débat devant la cour administrative d'appel.

Pour le président de l'ASVD, Philippe d'Eaubonne, la situation actuelle est véritablement ubuesque et s'apparente, selon ses termes, à « un excès de pouvoir » du président du Conseil départemental, Germinal Peiro. « D'un côté, le Département démolit et remet les lieux en état, alors que de l'autre, il a fait appel et se retrouve devant la CAA qui a systématiquement rejeté ce projet », déplore-t-il avec insistance.

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Les révélations des comptages de trafic

Ces derniers mois, l'ASVD a fait procéder à deux reprises, à des périodes différentes (au cœur de l'été et en plein hiver), à des comptages minutieux des véhicules qui empruntent la route départementale traversant Beynac-et-Cazenac le long de la Dordogne. Pour ce faire, l'association a fait appel à une société spécialisée qui a installé chez un particulier une caméra en surplomb de la chaussée.

Les résultats sont édifiants : du lundi 11 au dimanche 17 août 2025, de 7 à 21 heures, 8 996 voitures sont passées en moyenne, dont seulement 165 camions. « Seuls quatre se sont croisées ! », s'exclame Philippe d'Eaubonne avec une certaine ironie. La seconde phase de comptage, réalisée du 24 février au 3 mars 2026, a révélé que 4 047 véhicules étaient recensés quotidiennement dans les deux sens, dont 86 camions seulement.

« On est très loin des 300 camions et 10 000 véhicules par jour, comme le répète pourtant régulièrement le président du Département ! », critique vertement Philippe d'Eaubonne, soulignant ainsi l'écart significatif entre les affirmations officielles et la réalité mesurée sur le terrain.

Une veille juridique permanente

L'ASVD effectue également un travail de veille rigoureux autour de deux projets de loi actuellement en discussion au Parlement : la simplification administrative et les transports. Philippe d'Eaubonne exprime notamment ses inquiétudes concernant une possible absorption de la raison impérative d'intérêt public majeur, qui permet de déroger au principe de protection des espèces et des habitats, pour l'accoupler en amont avec la déclaration d'utilit publique.

Par ailleurs, l'association est de plus en plus sollicitée par plusieurs autres associations qui rencontrent des difficultés similaires avec diverses administrations. « Elles souhaitent des conseils élargis en matière de procédure : le cas de Beynac a véritablement fait le tour de la France », assure Philippe d'Eaubonne, témoignant ainsi de l'impact national de leur combat local.

Malgré les avancées juridiques obtenues, l'Association pour la sauvegarde de la vallée de Beynac reste donc pleinement mobilisée, démontrant que la vigilance et l'action collective restent plus que jamais nécessaires pour préserver l'environnement et le cadre de vie face aux projets d'aménagement contestés.

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