Une conseillère parisienne évincée des listes municipales
« Mon nom a été rayé des listes par les écologistes et les socialistes ». Ce vendredi, sur le réseau social X, Alice Coffin, conseillère de Paris apparentée écologiste depuis 2020, a dénoncé avec véhémence son éviction de la liste centrale d'union de la gauche hors La France Insoumise (LFI) pour les prochaines élections municipales. « Je ne serai plus conseillère de Paris après les élections de mars. Ce n'est pas mon choix », a-t-elle relaté, qualifiant de « graves » les répercussions de cette décision qui, selon elle, « exclut les activistes » de l'assemblée parisienne.
Absence d'explications claires
Interrogée par l'AFP, la militante féministe a affirmé n'avoir reçu aucune explication claire concernant son exclusion. « Ils n'ont rien à dire sur le travail fourni pendant le mandat. On me dit que ce sont des logiques d'appareil, que trop de promesses ont été faites à trop de gens », a-t-elle expliqué, soulignant le manque de transparence dans les processus de sélection des candidats.
Regret sur la composition des listes
L'élue a également exprimé un regret plus large concernant la composition des listes présentées dans les communes de France, tous partis confondus. « Les répercussions de ce choix sont graves. Pas celles de ne pas me choisir moi, mais de ne pas faire élire des profils similaires. C'est-à-dire des activistes », a-t-elle estimé. Elle a rappelé avoir été la cible de « milliers de messages numériques sordides » et de « menaces de viol incessantes » pour avoir porté ses combats, notamment au Conseil de Paris, mettant en lumière les risques encourus par les figures engagées.
Parcours et engagements
Journaliste de formation, ayant notamment travaillé à la rédaction de 20 Minutes, Alice Coffin s'est fait connaître en 2020 en dénonçant les liens de proximité entre l'ex-adjoint à la Culture d'Anne Hidalgo, le socialiste Christophe Girard, et l'écrivain Gabriel Matzneff, visé par deux enquêtes pour viol sur mineur. Cofondatrice de l'Association des journalistes LGBT (AJL) et porte-voix de la Conférence européenne des lesbiennes, elle est également cofondatrice de l'Observatoire des violences sexuelles et sexistes en politique, créé dans le sillage du mouvement MeToo.
Critiques acerbes des partis politiques
« Les partis politiques n'aiment pas les féministes. Si je poussais un peu les choses, je dirais même qu'il vaut mieux être accusé d'agression sexuelle que féministe », a-t-elle ironisé, faisant référence à des candidats mis en examen ou condamnés. Cette déclaration percutante souligne sa perception d'une marginalisation des voix féministes au sein des structures politiques traditionnelles.
Réactions et silences
Interrogée, l'équipe d'Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche hors LFI, n'a pas souhaité faire de commentaire. Pour sa part, Émile Meunier, conseiller de Paris écologiste rallié à LFI, a réagi en déclarant : « La liste écologiste s'est refermée sur son petit appareil et toutes les têtes qui dépassent ont été coupées », dénonçant une « rétractation sur les apparatchiks ». Ces propos illustrent les tensions internes et les critiques sur la fermeture des partis envers les profils militants.
Contexte des élections municipales
Les élections municipales à Paris se tiendront les 15 et 22 mars 2026, un événement politique majeur qui suscite déjà des débats animés sur la représentativité et la diversité des candidats. Cette affaire met en lumière les enjeux de l'inclusion des activistes dans les processus électoraux et les défis auxquels sont confrontées les figures engagées dans le paysage politique français.



