Urrugne : une halte ferroviaire au cœur de la campagne municipale
Dans le cadre des élections municipales à Urrugne, le journal Sud Ouest a invité les candidats à développer un thème de campagne de leur choix. Martine Mignot-Carmé, tête de liste de Du cœur et des actes, a immédiatement saisi cette opportunité pour défendre un dossier crucial pour la commune : la création d'une halte sur le futur RER basco-landais.
Un projet de transport transfrontalier ambitieux
Le RER basco-landais, prévu pour 2032, promet de relier Dax à Irún, puis jusqu'à Saint-Sébastien en Espagne, avec un train toutes les trente minutes. Actuellement, la feuille de route de la Région Nouvelle-Aquitaine inclut des haltes à Tarnos et Bidart, mais omet Urrugne. Martine Mignot-Carmé souligne avec insistance : « On souhaite qu'Urrugne, qui est la sixième ville du Pays basque en population, avec plus d'habitants que Bidart ou Guéthary déjà desservies, dispose aussi de sa halte. »
Ce projet vise à offrir un service de transport transfrontalier efficace, complétant les trains existants au départ d'Hendaye et de Saint-Jean-de-Luz - Ciboure. Cependant, la candidate et Sébastien Hiribarren, deuxième sur sa liste, jugent ces solutions insuffisantes. Ils pointent du doigt les difficultés d'accès : « Les gens doivent faire dix à quinze minutes en voiture pour y aller, avec des problèmes de stationnement coûteux ou inexistants. »
Moderniser l'ancienne gare pour une mobilité durable
La proposition concrète de Du cœur et des actes est de réhabiliter l'ancienne gare d'Urrugne, située près du magasin Picard, pour y créer une halte avec parking. Martine Mignot-Carmé reconnaît qu'il est « prématuré » de fixer cet emplacement sans concertation, mais elle insiste sur la nécessité d'études de faisabilité pour limiter les nuisances aux riverains.
Cette halte servirait de point de départ à une aire multimodale, intégrant covoiturage et liaisons de bus vers le bourg. Le financement serait assuré par des fonds européens, en raison du caractère transfrontalier du projet, ainsi que par des participations de la Région et de la commune, notamment pour les parkings.
Des enjeux multiples pour Urrugne
L'objectif principal, selon l'ancienne directrice du CCAS, est de « repenser la mobilité à Urrugne et offrir aux habitants un moyen de transport alternatif à la voiture. » Elle cite les statistiques de l'INSEE : « 90 % des Urrugnards utilisent la voiture pour aller travailler. » Sébastien Hiribarren ajoute que les transports en commun actuels sont lents, avec des trajets d'une heure vers Bayonne en bus, incitant à l'usage de la voiture et augmentant les risques d'accidents.
La liste espère aussi attirer des visiteurs, notamment depuis l'Espagne, avec des retombées économiques positives. Martine Mignot-Carmé appelle à se faire entendre auprès de la Région : « Il faut peser dans les instances, sinon rien ne nous arrivera. Ne nous interdisons pas de rêver. »
Un consensus parmi les candidats
Les autres candidats à la mairie, invités à réagir, approuvent pleinement ce projet. Sébastien Etchebarne, de Vivons Urrugne autrement, affirme : « J'acquiesce complètement cette idée, que j'avais déjà avancée en 2020. Il faut développer le transport collectif, et le ferroviaire est le plus intéressant. » Il évoque même des arrêts supplémentaires à Socoa ou la Corniche pour les randonneurs.
Le maire sortant, Philippe Aramendi (liste Elgarrekin), se dit également en accord : « Je vois qu'il y aura au moins un sujet sur lequel on pourra travailler ensemble ! » Il souligne l'importance de représenter Urrugne au Syndicat des Mobilités Pays basque pour défendre ses intérêts.
Ce débat met en lumière l'urgence d'améliorer la mobilité à Urrugne, avec un projet ferroviaire qui pourrait transformer les déplacements quotidiens et renforcer les liens transfrontaliers, tout en réduisant la dépendance à la voiture.



