Montpellier : les étudiants exclus de la gratuité des transports, une pétition dénonce
Étudiants exclus de la gratuité transports à Montpellier

Les étudiants montpelliérains exclus de la gratuité des transports, une colère grandissante

À Montpellier, la décision de la Métropole de limiter la gratuité des transports aux moins de 18 ans et aux plus de 65 ans, excluant ainsi la majorité des étudiants, suscite une vive contestation. Prévue initialement pour les moins de 25 ans, cette mesure, justifiée par des arbitrages budgétaires, reporte l'accès gratuit pour les étudiants à la fin de l'année 2023, lors de la troisième phase du plan de gratuité.

Une pétition qui rassemble plus de 11 400 signatures en huit jours

Lancée fin août par Pierre-Marie André, ancien collaborateur de cabinet de Philippe Saurel, la pétition intitulée "Le tramway gratuit pour les étudiants !" a déjà recueilli près de 11 400 signatures. Cette mobilisation rapide reflète l'ampleur du mécontentement au sein de la communauté étudiante, qui représente environ 75 000 usagers du réseau de transports de l'agglomération.

Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (Scum) a vivement réagi lors d'une conférence de presse le 31 août, dénonçant "l'absence de mesure réelle" et appelant le maire, Michaël Delafosse, à tenir ses engagements en incluant les étudiants dans le processus de gratuité dès la rentrée 2021.

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Une précarité économique accentuée par la crise sanitaire

Richard Quinlan, président de l'association des étudiants de Montpellier 3, souligne la précarité économique grandissante des étudiants, exacerbée par la crise sanitaire. "Quand l'annonce de la gratuité des transports a été faite, beaucoup ont espéré. La réduire, pour l'instant, uniquement aux moins de 18 ans marque un coup d'arrêt", explique-t-il.

Il cite l'exemple d'amis contraints de quitter Montpellier pour se loger, et qui doivent ainsi se rendre à l'université en voiture, aggravant leur situation financière et environnementale. La fréquentation de la banque solidaire ouverte avec les Restos du cœur par de nombreux étudiants témoigne de l'urgence des besoins.

Des témoignages étudiants qui expriment une profonde injustice

Les commentaires au bas de la pétition confirment cette détresse. Maëlle, étudiante, proteste : "Je suis étudiante avec peu de moyens, voir zéro. Je trouve ça inadmissible qu'aucune mesure réelle ne soit mise en place pour nous !" Yassine ajoute : "Très injuste de privilégier les moins de 18 ans, souvent encore à la charge de leurs parents, plutôt que des adultes étudiants qui démarrent une vie simple et souvent indépendante de toute aide familiale."

Actuellement, les étudiants peuvent souscrire un abonnement annuel jeune, réservé aux moins de 26 ans, au coût de 176,40 € (196 € pour ceux vivant hors métropole). Un investissement trop lourd pour beaucoup, d'autant que Montpellier est déjà l'une des villes étudiantes les plus chères de France après Paris, comme le rappelle le Scum.

Cette situation met en lumière les tensions entre les ambitions de transition écologique, avec la création de pistes cyclables, et la réalité budgétaire, laissant les étudiants dans l'attente d'une solution équitable.

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